
Le consortium d’organisations des droits humains a officiellement publié ce vendredi 16 janvier à Goma, le rapport d’une mission d’enquête indépendante relatif aux bombardements et aux exactions perpétrées contre les populations civiles dans la province du Sud-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo par la coalition FARDC, Wazalendo et FDNB.
D’après Jean-Paul Ngahangondi, coordonnateur de la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), ce rapport est né du souci de « mettre fin aux impunités structurelles qui frappent les civils dans l’Est de la RDC en ce moment de crise persistant ».
Ce rapport, établi du 9 au 15 décembre 2025, a été réalisé à Kamanyola, Katogota, Luvungi, Uvira, Mudaka, Sange et Minembwe. Ces entités ont connu des bombardements aveugles des forces loyalistes FARDC et leurs alliés Wazalendo et forces burundaises, causant des nombreux crimes et dégâts matériels considérables. À ceci, le camp de réfugiés congolais de Nyarushishi, sur le territoire rwandais est également touché par le rapport.
Des nombreux témoignages des victimes, des visites de terrain, de triangulations systématiques des sources, la collecte des preuves matérielles et documentaires, conformément aux prescrits du Droit international humanitaire (DIH) et au statut de Rome ont permis au consortium de réaliser ce rapport indépendant.

Ce rapport atteste que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les résistants Wazalendo, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) sont à la base de ces violations au travers notamment des bombardements des zones civiles, des exécutions sommaires, des violences sexuelles systématiques, le recrutement forcé d’enfants, des arrestations arbitraires et disparitions forcées, des attaques contre les écoles, des hopitaux et d’autres lieux protégés, et des entraves à l’action humanitaire.
« Le rapport montre également l’existence d’une persécution ciblée fondée sur l’identité ethnique, visant principalement les banyamulenge et les barundi congolais, accusés à tort d’être étrangers ou à connivence avec le M23 », a indiqué Jean-Paul Ngahangondi.
Présent à cette présentation, le Vice-gouverneur du Sud-Kivu, Mukiza Gad a salué le travail, et s’attend qu’il soit utilisé pour éclairer l’opinion sur les crimes qui sont commis dans au Sud-Kivu et partout dans la région.

« Ça va aussi aider d’interpeller la conscience de tous les compatriotes congolais parce que ce que nous sommes en train de vivre, quelle que part, ça doit interpeller la conscience de chacun », a insisté le Vice-gouverneur.
Ont pris part à ce rapport, la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), Actions pour les droits humains (APDH), la Diaspora congolaise et DPS France.
Pour appuyer ce rapport, un documentaire de près de 15 minutes du journaliste Moïse Komayombi a été projeté, revenant essentiellement sur les exactions commises, les témoignages des victimes directes de bombardements et sur les conditions humanitaires dans le camp des déplacés de Nyarushishi, au Rwanda.
Jean Placide Assumani
