
L’incendie du temple de l’église Shekinah tabernacle (Kinshasa/Matete) ce dimanche 17 mai 2026 n’est pas un fait isolé. Il participe de la stratégie du bâton et de la carotte utilisée par la mouvance présidentielle pour mettre aux pas les confessions religieuses qui rechignent à se plier au narratif du pouvoir.
Les premiers à être intimidés sont les catholiques. À travers les attaques ciblées des églises et couvents survenues dernièrement, le message subliminal du pouvoir était clair : obtenir sinon la complaisance, du moins le silence de l’Église catholique sur la question du changement de la Constitution.
Puis était venu le tour de l’Église protestante, dont l’une des enceintes venait d’être attaquée avec une rare cruauté, causant la mort d’un bébé sur la table d’accouchement, qui a vu sa tête se fracasser lorsque l’accoucheuse a sursauté aux bruits des coups de feu tirés par les caïds à la solde des escadrons de la mort du pouvoir.
Dans cette nuit du lundi 4 au mardi 5 mai 2026, plus de 50 individus armés jusqu’aux dents avaient fait irruption dans l’enceinte de la 23ème Communauté Évangélique du Congo (CEC/EMM) située dans la commune de N’djili, quartier 5. En plus du bébé décédé en pleine accouchement dans la maternité paroissiale, le commando est reparti avec une moisson de plusieurs fidèles trouvées en veillée de prière sur place, ainsi qu’une somme de 5.000$ dérobée dans le coffre-fort paroissial.
Dans la foulée, une marche des habitants de la commune de N’djili contre l’insécurité généralisée dans leur bercail a été étouffée par l’intervention conjuguée de la police et des forces du progrès de l’UDPS.
Ces derniers, parmi lesquels sont alignés d’anciens kamwina nsapu habitués à répandre la terreur, ne se sont pas fait prier pour lancer un message à quiconque serait tenté de marcher pour s’opposer au changement de la Constitution.
« Nous passerons à tabas tous ceux qui accepterons de marcher pour s’opposer au changement de la Constitution. Nous allons vous attaquer partout. Même si vous publiez des contenus sur les réseaux sociaux, nous allons vous saboter (violer ndlr) que vous soyez une femme ou un homme », ont-ils prévenu dans une vidéo devenue virale sur la toile.
La question à se poser est de savoir pourquoi l’église brahanamiste du pasteur DIHOKA, reconnue pour son apolitisme légendaire, pourrait-elle devenir la cible du sabotage orchestré par les chauvinistes du pouvoir ? Pour toute réponse, il faut bien penser aux pressions ayant poussé le pasteur Moïse MBIYE à se déjuger l’avant-veille. Lui qui avait pourtant qualifié les pasteurs chantres du changement de la Constitution d’une engeance de lépreux.
Selon des sources concordantes, le pasteur DIHOKA avait préalablement été approché par le Président de l’ERC en exercice Ejiba YAMAPIA. Celui-ci lui avait fait part de la mission lui confiée par la présidence de la République de regrouper tous les leaders spirituels ayant plus de 15.000 ouailles, afin de constituer une union sacrée contre les velléités oppositionnelles des Églises catholique et protestante.
Face au refus du pasteur DIHOKA arguant de l’apolitisme de son apostolat, le pasteur Ejiba YAMAPIA avait alors décliné toute responsabilité dans les représailles qui pourraient viser le ministère religieux de son interlocuteur, avant de battre en retraite. C’est en tout cas la version des faits que le pasteur DIHOKA a lui-même rapportée au pasteur Carlos BARUTI, venu partager la souffrance de son correligionaire devant le temple de Shekinah en incandescence ce dimanche 17 mai 2026 au matin.
De l’avis des observateurs avertis, Félix Tshisekedi ne reculera devant aucune compromission pour s’adjuger un mandat à vie. Si lui qui a prêté serment en jurant de protéger et de faire respecter la Constitution ne s’embarrasse pas de l’état de siège qui proscrit toute initiative de révision constitutionnelle, à combien plus forte raison ne transgresserait-il pas toutes les normes et tous les tabous sociétaux ?
Le fait est qu’au point où il en est, Félix Tshisekedi s’avère incapable d’envisager autrement son existence que dans le manteau du Président de la République, quelqu’en soit le prix. Pas besoin de le psychanalyser pour comprendre que celui qui n’a eu de cesse de vouer aux gémonies son prédécesseur, l’ayant pourtant « catapulté » envers et contre tous au top job, ne peut plus lui-même confier son avenir à un successeur putatif qui pourrait être tenté de se servir de sa propre jurisprudence pour lui rendre la monnaie de sa pièce…
Voilà tout l’abregé du calvaire qui attend le peuple congolais, obligé de subir les affres d’un Président de la République aux abois, viscéralement décidé de se prévaloir de ses propres turpitudes.
Jean Placide Assumani
