
La haute hiérarchie de l’AFC-M23 brise le silence et alerte sur une « tragédie » en cours d’exécution dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, notamment à Minembwe. Le mouvement évoque un génocide en cours, sous un silence délibérément orchestré par une partie de la communauté nationale et internationale.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 08 octobre à Goma, le Coordonnateur politique de l’AFC-M23 a déclaré que des hommes, des femmes et des enfants meurent de faim, de manque de médicaments et de produits de première nécessité. Selon Corneille Nangaa, cette situation serait la conséquence d’un blocus imposé par le régime de Kinshasa et mis en œuvre par sa coalition, composée des FARDC, des Forces burundaises, des FDLR, des wazalendo et de mercenaires.
Un convoi humanitaire interdit d’accès
Corneille Nangaa a rappelé qu’entre le 23 et le 24 septembre, un convoi humanitaire transportant des secours destinés à la population de Minembwe s’est vu interdire l’accès au niveau de Mulima.
« L’AFC-M23 dénonce cette violation du droit international des droits humanitaires, dont l’objectif serait de laisser mourir la population de Minembwe », a-t-il déclaré.
De la tuerie des civils aux dégâts matériels à Minembwe, Kalehe et Masisi
Dans son allocution, Corneille Nangaa a indiqué que les bombardements et les attaques répétées auraient entraîné la mort de milliers de civils à Minembwe, Kalehe et Masisi.
Il annonce également plus de 650 villages détruits et incendiés ; plus de 700.000 têtes de bétail pillées et vendues sur le marché public ; 147 écoles et 57 établissements sanitaires détruits.
À côté de ces chiffres, l’AFC-M23 affirme que 80% de la population banyamulenge serait contrainte de fuir en exil, et que les conditions de vie resteraient extrêmement difficiles pour les personnes demeurant sur les hauts plateaux de Minembwe.
« Ces restrictions ne constituent pas seulement une entrave à la vie quotidienne : elles affectent directement la capacité de la population à se nourrir, se soigner, cultiver ses terres, élever son bétail, se déplacer et maintenir des liens avec les communautés environnantes. Cette situation ne peut pas être réduite à une simple question militaire ou politique », a poursuivi le coordonnateur politique de l’AFC-M23.
Identité et citoyenneté
Au cours de la conférence de presse, Corneille Nangaa a réitéré la position de l’AFC-M23, qui stipule que :
« aucun Congolais ne devrait être considéré comme étranger dans son propre pays, en raison de son nom, de sa langue, de son apparence ou de son appartenance communautaire ».
Il a également déploré l’assimilation des Banyamulenge, des Tutsi et des Swahiliphones à des étrangers, rappelant une revendication qu’il juge fondamentale :
la citoyenneté congolaise doit être pleine et entière pour tous.
L’AFC-M23 affirme enfin sa vision d’un Congo uni et inclusif, où chaque citoyen appartient pleinement à la nation et où la diversité constitue une force, et non un motif de suspicion. Le mouvement dit vouloir contribuer à restaurer la dignité, réformer l’État et ouvrir un avenir commun, tout en appelant à la coexistence pacifique entre les différentes communautés du Kivu.
Albert Maisha
