
Les processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) soulèvent une interrogation légitime : à quoi serviraient accords et négociations si, dès le départ, l’une des parties est au départ déjà condamnée par l’un des médiateurs ?
Kinshasa multiplie les obstructions au processus, zappant les engagements pris et sapant les efforts des facilitateurs. Ce non-respect répété laisse penser que le gouvernement congolais mise sur d’autres assurances, utilisant les pourparlers pour gagner du temps et consolider son emprise sur le pouvoir.
Appeler au dialogue à Montreux tout en condamnant publiquement l’une des parties crée une contradiction flagrante. Cela affaiblit la crédibilité des négociations, nourrit la frustration, érode la confiance et réduit à néant les chances d’un accord crédible et durable.
Peut-on prôner la paix d’un côté et entretenir de telles incohérences de l’autre ?
Kinshasa et ses forces ne cessent de violer le cessez-le-feu en bombardant par des drones des zones densément peuplées, semant la terreur et causant des déplacements massifs des populations.
Kinshasa responsable de la crise actuelle

Depuis des années, le régime de Kinshasa a plongé le pays dans le chaos : tueries en Ituri, à Beni, insécurité en pleine capitale Kinshasa, dictature, corruption et tyrannie. Pire, il a fait de la guerre son business. Il a recruté, équipé et financé des mercernaires étrangers, des milices dont les FDLR et les Wazalendo pour terroriser sa propre population et tenter de préserver ainsi son pouvoir au-delà de son mandat Constitutionnel.
Cette situation a conduit à une absence totale de l’État, particulièrement à l’Est de la RDC, générant plus d’une centaine de milices tribales et étrangères. Chacune imposait sa loi sur un territoire donné, protégeant les intérêts individuels de politiques locaux. Les États-Unis semblent avoir occulté ce vide prolongé de l’État, qui a favorisé l’anarchie
L’avènement de l’AFC-M23 a, au contraire, restauré la sécurité et la bonne gouvernance dans des zones sous leur gestion
Aujourd’hui, toutes les “hors-la-loi” sont réunies et réarmées par Kinshasa sous l’égide des Wazalendo, prêtes à se désintégrer et à fragmenter à la moindre faille, comme par le passé.
Washington doit comprendre que le régime de Kinshasa a failli. Ces groupes armés, responsables de l’échec répété de la Monusco pendant des décennies, sont précisément ceux que Kinshasa déploie contre son propre peuple. Seule une médiation neutre et impartiale peut restaurer la paix durable en RDC.
Jean Placide Assumani
