
Des organisations de la société civile, des mouvements citoyens ainsi que des confessions religieuses opérant au Nord et au Sud-Kivu se mobilisent contre toute modification de la Constitution, dans un contexte où le président Félix Tshisekedi est accusé de vouloir engager une réforme constitutionnelle.
Réunis lors d’un point de presse tenu à Goma, ces acteurs ont lancé officiellement une campagne citoyenne baptisée : « Non au changement de la Constitution, oui à la tenue des élections dans le délai constitutionnel ». Leur objectif est clair : s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une volonté de prorogation du pouvoir, tout en réclamant la tenue des élections prévues par les textes.
Une “ligne rouge” : protéger l’avenir des Congolais et le processus de paix
Selon les participants à cette conférence, il serait inacceptable de mettre en péril l’avenir de millions de Congolais au bénéfice des intérêts d’une seule personne cherchant à prolonger son mandat.
Ils estiment par ailleurs que la Constitution constitue aujourd’hui le socle juridique des accords déjà conclus dans le cadre des mécanismes du processus de paix. Toute révision, soutiennent-ils, pourrait fragiliser ces engagements et retirer aux accords leurs fondements légaux.
« Nous ne pouvons pas accepter que l’avenir de millions de Congolais soit mis en danger, ni que le pronostic vital de la RDC soit compromis, uniquement parce que quelqu’un souhaite se pérenniser au pouvoir », ont-ils déclaré.
Et de poursuivre, « La Constitution demeure le socle des accords déjà signés. Si elle change, ces accords risquent de perdre leur base légale en République démocratique du Congo », ajoutent-ils.
Crainte de “deux constitutions” et d’un retour à l’instabilité

Les organisations mettent également en garde contre un scénario qu’elles jugent dangereux : celui où la modification constitutionnelle ne serait pas appliquée de manière uniforme à l’ensemble du territoire.
Elles redoutent ainsi l’existence, dans la pratique, de deux référentiels constitutionnels : l’un à Kinshasa et l’autre dans les zones sous contrôle des groupes armés évoqués dans leur déclaration.
D’après elles, cette situation conduirait à une gestion parallèle du pays, aboutissant progressivement à une séparation politique et administrative. Elles utilisent le terme de « balkanisation », c’est-à-dire une fragmentation source de chaos et de souffrances pour les populations.
La responsabilité de la crise imputée au pouvoir en place
En cas de changement constitutionnel, ces acteurs annoncent que les conséquences seraient, selon eux, à la charge de Félix Tshisekedi. Ils l’accusent de provoquer ou d’aggraver la rupture du processus de paix, pouvant entraîner la reprise ou la poursuite de la guerre.
Une campagne annoncée et des actions de mobilisation
En définitive, les organisations indiquent qu’elles comptent multiplier des actions afin de faire obstacle à toute démarche visant à modifier la Constitution. Elles appellent la population, les acteurs politiques et les partenaires à soutenir la tenue des élections dans le délai constitutionnel, qu’elles considèrent comme le seul chemin crédible vers la stabilisation du pays.
Albert Maisha
