Quand la case brûle à répétition depuis des années, le bon sens veut qu’on se penche sur les causes de récurrents incendies. La situation à l’Est du pays relève de l’identitaire. Elle a l’intolérance ethnique comme CAUSE FONDAMENTALE. Celle-ci n’est pas économique. Les pillages des ressources en sont des épiphénomènes.
À l’Est de la République Démocratique du Congo, il y est question d’adversité entre populations bantous et nilotiques qui, chacune, possède son groupe armé. Le M23 était sans doute composé majoritairement des nilotiques (Tutsi) dont l’existence au Congo est remise en question par tous ceux qui estiment que le Congo est une terre des Bantous et doit le rester jusqu’à la fin du monde.
On fait fi de leur présence vieille ou récente sur le territoire du Congo. Aujourd’hui, Corneille Nangaa a pris le risque d’affronter ce paradoxe pour solutionner durablement la crise.
Le rejet des Tutsi congolais est une aberration
D’après certains esprits, les Tutsi congolais n’ont dès lors pas droit de posséder, ni en achat ni en héritage, des terres ni d’occuper des fonctions dans des institutions du pays. Quand ils y sont, ils sont traités « D’infiltrés », de cinquième colonne du Rwanda.
La vérité est là. Peu refusent par mauvaise foi ou par couardise de l’avouer. Moins encore nos compatriotes du Nord et du Sud Kivu dont certains leaders en ont fait business de positionnement politique. Attribuer aux Tutsi congolais la nationalité rwandaise est devenu sujet de campagne électorale et de visibilité individuelle.
Pour le retour de la paix, cohabitons
Pourtant, le retour de la paix dépend de toutes les sensibilités sociopolitiques de la République Démocratique du Congo, y compris des Tutsi congolais, Banyamulenge et Banyarwanda du Nord-Kivu.
Cela dépend de la volonté de tous de cohabiter pacifiquement avec les Tutsis (Banyamulenge, Banyarwanda) dont le destin a décidé de leur attribuer la RDC comme terre de vue et d’avenir. Les milliers des Luba (Baluba du Kasaï) qui ont émigré au Katanga ne rentreront jamais tous au Kasaï, malgré quelques comportements décriés à leur égard par les Katangais.
Mêmement, nul ne parviendra à « Renvoyer » ou à « Envoyer » tous les Tutsis au Rwanda, qu’ils aient ou non la nationalité congolaise. Le refus – par divers arguments, plausibles ou pas de reconnaître leur présence au Congo et leur droit d’y vivre tranquillement, occasionnera interminablement des guerres avec leurs corollaires de souffrances pour les populations civiles, de morts, de destructions d’infrastructures économiques et sociales.
Le M23, l’un des principaux fondateurs de l’AFC

La jonction Nangaa-M23 est venue révéler au grand public congolais que ces causes longtemps caressées sont les clés de la solution, si l’on s’y penche. Depuis une année, Nangaa a apporté davantage de visibilité à la rébellion du M23 et, depuis lors, convenu avec ses camarades, de marquer la lutte par un redimensionnement politique, militaire et diplomatique.
L’Alliance Fleuve Congo (AFC) est née et occupe de façon effective une partie du territoire national. C’est « Aujourd’hui » une réalité militaire et politique de fait. L’ignorer relève de l’irresponsabilité, d’une grave cécité politique.
L’équation Nangaa trouble Tshisekedi
Corneille Naanga est un Congolais. Est-il plus traître à la nation que ceux qui considèrent déclarent la Constitution comme un puant chiffon de papier à jeter dans la poubelle ? Si Félix Tshisekedi est « Patriote », il devrait plutôt négocier avec son « Compatriote » Naanga qu’avec le président Paul Kagame, que ce dernier soit l’instigateur ou pas de ce qui se passe actuellement à l’Est du pays.
Mais pourquoi l’ombre de Corneille Nangaa déstabilise tant le président Félix Tshisékédi ? Lui, qui a bénéficié d’une proclamation des résultats électoraux de la présidentielle polémique de 2018. Des indiscrétions rapportent que Nangaa a beaucoup soutenu Tshisekedi avant, pendant et après sa prise de fonction présidentielle.
Wina LOKONDO
