Samedi 28 septembre 2024, dans les hauteurs du parc national des Virunga, près de Goma, les habitants suivaient en direct les affrontements entre miliciens pro-gouvernement qui se méfient dorénavant les uns des autres. La guerre n’est plus un sujet tabou mais une réalité de vie pour des millions des congolais exaspérés par la l’intensifiion de l’insécurité dans la zone sous contrôle du gouvernement de Kinshasa. Juste à côté, les forces de l’Alliance Fleuve Congo se tiennent en alerte, étonnées face aux imbroglios entre les troupes d’une même coalition. Dans l’entre-temps, les rapports entre Félix Tshisekedi et Joâo Lourenço semblent être en berne. Ce qui pose la question de par où commencer pour relancer le processus de paix.
À Goma, un semblant de réconciliation a été peaufiné entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les milices alliées rassemblées autour du groupement dénommé Wazalendo. Après une journée marquée par de vives tensions entre eux, une théorique réconciliation est intervenue entre les deux camps, dans l’objectif de mettre un terme aux affrontements internes qui avaient secoué les faubourgs de la ville de Goma. Incidents qui ont généré une totale confusion sur le terrain des hostilités, notamment autour de la localité de Rusayo, située non loin des camps de déplacés de Mugunga, à l’ouest de Goma. Le jeudi 26 septembre 2024, des échanges de tirs avaient éclaté, provoquant la mort de trois miliciens Wazalendo et faisant une dizaine de blessés dans leurs rangs. Les corps des Wazalendo tués ont été subtilisés par l’armée gouvernementale congolaise pour effacer les traces. Le chaos provoqué par ces affrontements entre alliés avait jeté une ombre sur leur capacité à maintenir une ligne unie face à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa.
Impossible d’engager les Wazalendo contre les FDLR
Vendredi 27 septembre 2024, une rencontre a eu lieu entre les représentants des FARDC et quelques chefs des miliciens Wazalendo sous la médiation du Gouverneur militaire du Nord-Kivu. Les deux forces ont relevé des sérieux problèmes de communication et de coordination sur le terrain entre l’armée congolaise et ses alliés congolais et étrangers. Comment renforcer la coalition entre les FARDC et les Wazalendo, en vue de recentrer leurs efforts sur l’objectif prioritaire : repousser l’AFC. À l’issue des discussions, il a été annoncé que les deux forces (FARDC et Wazalendo) allaient désormais diriger de nouveau leurs armes contre l’AFC. Cependant, les plaies demeurent profondes entre les Wazalendo et les FARDC d’autant que les deux groupes s’approvisionnent en commandos au sein des forces génocidaires FDRL que Kinshasa a décidé de neutraliser artificiellement.
Le leader FDLR Kayumba Nyamwasa signalé à Kinshasa

L’ex-chef d’état-major de l’armée rwandaise aujourd’hui identifié comme l’un des opposants farouches au régime de Kigali, le général Kayumba Nyamwasa était à Kinshasa en ces derniers jours du mois de septembre 2024 où il a rencontré les dirigeants du groupe FDLR dans le cadre du vaste plan du président Tshisekedi visant à mener une guerre d’envergure visant principalement à faire tomber le régime du Rwanda. D’après le journal IGIHE, Kayumba a longuement échangé du plan de guerre avec Tshisekedi qui l’a assuré de sa pleine disposition à participer au renversement du gouvernement de Paul Kagame. Accentuer des tensions et l’insécurité sur le territoire du Rwanda. En décembre 2022, Tshisekedi déclarait : « Les Rwandais sont nos frères, mais ils ont besoin de notre aide car ils sont ligotés, ils ont besoin de notre aide pour les libérer ».
Kinshasa quémande justice à une EAC qu’il conteste
Le jeudi 26 septembre 2024, la Cour de justice de la Communauté Est-Africaine a commencé à entendre les parties concernées par les plaintes de la RDC contre le Rwanda. Félix Tshisekedi accuse Kigali de soutenir la déstabilisation de son pays. Une accusation qui couvre plus de 25 ans de conflit. L’audience du jeudi devant le siège de première instance de la Cour de justice de l’EAC a porté sur les requêtes découlant d’une affaire déposée par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) contre le gouvernement du Rwanda au sujet de “conflits présumés” dans le Nord-Kivu, à l’est du Congo. Kinshasa accuse le Rwanda “d’actes d’agression qui violeraient sa souveraineté, son intégrité territoriale, sa stabilité politique et son indépendance”. Les avocats de Tshisekedi ont signifié à la Cour que « le Rwanda a violé les traités de l’EAC qui stipulent qu’aucun État-membre ne doit en aucun cas attaquer, héberger ou soutenir des rebelles qui agissent contre un autre État-confrère ». Félix Tshisekedi force un plaidoyer irréfléchi et incohérent lorsqu’on sait que la RDC a tourné le dos à l’EAC. Plus grave, Kinshasa accuse le Rwanda d’un conflit incontestablement interne à la RDC. L’écrivain Maliki de Goma explique : « de l’FDLR à l’AFC, tous les mouvements armés ont été animés et dirigés par des congolais. D’ailleurs, l’UDPS de Félix Tshisekedi a collaboré avec le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) et le M23 (Mouvement du 23 Mars). Comment incriminer le Rwanda dans un processus de guerre qui n’engage que des congolais de bout en bout? », se demande-t-il.
Joâo Lourenço perplexe
Comment solutionner une crise aux profondes complexités et dont le principal acteur est politiquement inflexible, rigide et hypocrite ? Le président angolais Joâo Lourenço a déjà essuyé ses premières défaites après le refus de Kinshasa de discuter avec l’Alliance Fleuve Congo. Depuis New-York, Félix Tshisekedi a soufflé le chaud et le froid. Prêt à négocier avec le même Paul Kagame qu’il a lourdement chargé d’agresser son pays. Ce, au moment où le monde entier est convaincu que Tshisekedi ne veut qu’une seule chose, la guerre.
Brique Lutandilafio
