
Dans un message publié sur son compte X ce dimanche 26 septembre, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réagi à la confirmation du général-major Sylvain Ekenge dans ses fonctions de porte-parole des FARDC. Il qualifie cette décision de « troublante et indécente ».
Selon le chef de la diplomatie rwandaise, cette réhabilitation confirme que les discours de haine contre les Congolais Tutsi ne sont pas le fait de « brebis galeuses », mais relèvent d’un « projet politique assumé par le pouvoir de Kinshasa ». Il accuse également Kinshasa d’avoir rendu la nouvelle publique « presque en catimini », à travers un communiqué du général lui-même consacré à un événement tragique, afin d’étouffer les critiques.
Il rappelle que le 27 décembre 2025, sur la chaîne nationale congolaise RTNC, Sylvain Ekenge avait mis en garde les Congolais qui épousent des femmes Tutsi, les accusant de faire venir des hommes Tutsi au domicile conjugal pour « préserver leur race ». Olivier Nduhungirehe assimile ces propos au premier des « Dix Commandements du Hutu », publiés en 1990 par Hassan Ngeze, condamné par le TPIR.
Suspendu à la suite du tollé international, sans avoir fait l’objet de poursuites judiciaires, l’officier retrouve le même poste neuf mois plus tard.

« Par cette déclaration incendiaire, le porte-parole de l’armée congolaise faisait sien le premier des « Dix Commandements du Hutu », publiés en décembre 1990 par le génocidaire rwandais Hassan Ngeze, condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Face au tollé international provoqué par cette déclaration, le général-major Sylvain Ekenge avait alors été suspendu de ses fonctions de porte-parole de l’armée congolaise, sans pour autant être poursuivi par la justice. Neuf mois après sa forfaiture, l’officier supérieur des FARDC vient d’être réintégré, par la petite porte, dans ses fonctions », peut-on lire sur son compte X.
Cette réhabilitation du général Ekenge suscite de vives réactions sur la scène politique de la République démocratique du Congo et dans la région, d’autant qu’un haut gradé censé incarner des valeurs d’unité se retrouve au cœur d’accusations de discours de haine, de stigmatisation et de division ethnique.
La Rédaction
