
Il y a un besoin pressant d’éduquer le peuple congolais et de l’informer autrement. Victime d’une médiatisation des infox et intox au service des politiciens Kinois, le Congolais lambda est devenu orphelin de la vérité. L’armée numérique du régime de Kinshasa a inoculé un venin dangereux de haine dans la société, qu’il faudra des années pour la « désintoxiquer » et beaucoup d’efforts.
Tenez ! Pendant que les négociations entre Kigali et Kinshasa à Washington aux USA deviennent la curiosité mondiale, au même moment à Doha au Qatar c’est Kinshasa et Goma qui font l’actualité. Les Congolais que l’on a habitués à la polémique sont divisés et les cœurs balancent entre la vérité et le bluff.
Besoin d’informer et de médiatiser
Le coordonnateur de l’AFC/M23, depuis trois mois que la ville de Goma est libérée, ayant érigé sa capitale politique dans cette ville touristique, s’est lancé dans une communication non-stop avec la presse internationale. D’Azerbaïdjan, une ancienne république soviétique, au Qatar en Asie en passant par l’Europe et les USA la presse internationale se bouscule pour obtenir une interview rêvée avec Corneille Nangaa, le Coordonnateur Politique de l’Alliance Fleuve Congo.
Les grands journaux du monde, les radios et télévisions et les bloggeurs viennent rencontrer celui qui, il y a quelques mois ne pouvait passer dans aucun média sur injonctions de Kinshasa. « C’est le moment d’informer et de médiatiser la vision et les objectifs de l’AFC/M23 autrement », disent, Robert Alfani, Albert Nzinza et Grâce Assumani, trois intellectuels de la diaspora, eux aussi arrivés à Goma depuis deux mois, pour suivre les formations idéologiques du mouvement révolutionnaire.

Corneille Nangaa quant à lui, répète les priorités de la population Congolaise selon l’AFC/M23 à chacune de ses interviews avec la presse mondiale, mais également à toutes les couches de la société civile qui viennent le rencontrer :
« Le peuple a six priorités : La Sécurité, L’Eau potable, La Nourriture, L’Habitat, La Santé, L’Education. Les minerais ne sont pas parmi ses priorités. Il est gardien de ces minerais que recherchent toutes les puissances du monde. La RDC doit partir d’un Etat failli, d’un état de Non État vers un bizness land. »
Le message de Corneille Nangaa est ainsi clair. Ce qui se discute à Washington entre Kinshasa et Kigali doit tenir compte de la légitimité. « Félix Tshisekedi Tshilombo n’est pas crédible. C’est un président illégitime, un Jonas qui doit être jeté du bateau Congolais afin que la paix vienne. C’est lui le problème. » Insiste Corneille Nangaa.
Que disent les congolais ?
Dans des émissions à téléphone ouvert et des micros trottoirs, les radios expérimentées dans des programmes de proximité en territoire libéré par l’AFC/M23, la population ne parle que de sa sécurité au quotidien et des questions économiques.
Elle ne demande que de dormir en paix, se réveiller et aller vaquer à ses obligations professionnelles. La population plus politisée et avertie se lance dans des débats politiques préférant qui, la fin de la guerre par des négociations ou par une victoire militaire, tandis que une frange de cette population redoute le partage du pouvoir dans un format 1+4 sans ou avec Félix Tshisekedi Tshilombo.
Traumatisé par le ministre de justice Kinois, par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, une bonne partie de la presse Congolaise dont on a interdit de parler de l’AFC/M23 se vautre dans des émissions de débats avec des communicateurs et politiciens ne maitrisant pas les causes profondes de la guerre de l’Est.
Ce que pensent les Congolais est renvoyé dans des opinions des rues assez subjectives. Le peuple Congolais abruti dans la musique, la sapologie, les sports et la bière n’est pourtant pas ce peuple de révolutionnaires qui s’exprime dans la vision et le programme de l’AFC/M23 qui veulent rendre la dignité au Congo.

« Nous sommes déçus du gouvernement Tshilombo. Si Corneille Nangaa veut négocier avec Kinshasa, il va nous rendre malheureux. Nous, nous vous attendons dans la capitale» ont dit au téléphone deux Kinois vivant à Ngaliema.
Un fervent membre de la société civile de Goma, sieur Lumumba a écrit sur son mur : « Si vous apprenez que je suis mort d’un AVC c’est à cause de Corneille Nangaa ; il ne peut pas négocier avec un homme comme Tshilombo. »
En conclusion ; entre la vérité et les boniments le Congolais lambda même dans son silence a fait son choix.
Jean Leroux Ntinta
