Lorsqu’il prendra la parole cette semaine devant l’Assemblée générale de l’ONU, Félix Tshisekedi défendra la position de son pays par rapport au Rwanda. Mais il tentera surtout d’obtenir que la RDC puisse obtenir un siège non permanent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une position difficile alors que Kinshasa se trouve sous le feu des critiques à la suite de nouvelles révélations à propos des évènements
survenus le 1er septembre au centre pénitentiaire de Kinshasa. Une tentative d’évasion s’était soldée par un bain de sang de plus d 130 prisonniers.
De nombreuses détenues violées
Un rapport interne du Fonds des Nations unies pour la population a établi que 268 prisonnières sur un total de 348 femmes détenues avaient été violées, soit plus sekedi en délicate posture à l’Assemblée générale de l’ONU – Le Soir 24/09/24 15:14 de 75 % d’entre elles. Human Rights Watch ajoute que
17 des survivantes de ces violences n’avaient pas 19 ans et qu’elles ont dû attendre le 11 septembre pour recevoir un soutien psychologique. Même si une contraception d’urgence leur a été fournie dans les heures suivant les attaques, le risque d’infections sexuellement transmissibles ou de troubles plus graves demeure entier.
Dès les premiers moments des violences, les détenus de la prison de Makala se sont rués sur le pavillon 9 qui abrite les femmes prisonnières, violant, parfois à plusieurs reprises, une grande majorité d’entre elles. Le gouvernement congolais a reconnu que les violences dans la prison avaient entraîné la mort de 131 détenus et que 59 prisonniers avaient été blessés ou étouffés dans la bousculade mais dans cette prison conçue pour
1.500 détenus et qui en abrite près de 10 fois plus, les chiffres officieux sont beaucoup plus élevés.
Une commission mixte a été chargée d’établir les faits exacts et d’en retracer le déroulement mais elle n’a pas encore publié ses conclusions. En revanche, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a décidé de faire bénéficier
1.685 détenus d’une mesure de libération conditionnelle et ces derniers ont été immédiatement libérés.
Plusieurs autres obstacles
D’autres écueils attendent le chef de l’Etat congolais : il plaidera en faveur d’un départ définitif de la Monusco d’ici la fin de l’année mais le Français Jean- Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, a rappelé que cette date butoir n’avait jamais été actée par le Conseil de sécurité.
Félix Tshisekedi devra aussi répondre aux critiques visant un rétrécissement de l‘espace politique et la mise sous les barreaux de plusieurs leaders dont Seth Kikuni, Mike Mukebayi, Daniel Safu et surtout Jean-Marc Kabund, ancien chef du parti présidentiel UDPS, (Union pour la démocratie et le progrès social), le parti présidentiel. Le durcissement des relations avec la Belgique à la suite de la condamnation à mort de Jean-Jacques Wondo, un ressortissant belgo-congolais accusé d’être le « cerveau » de la récente attaque sur le Palais du peuple, risque aussi de priver le chef de l’Etat congolais d’un soutien de poids.
Colette Braeckman
