
En mission de travail dans la ville de Bukavu au sud-kivu, la cellule de la crise sanitaire conduite par son coordonnateur Docteur Freddy Kaniki a tenu ce jeudi 04 juin dans la salle auditorium des femmes, une réunion stratégique en présence des autorités provinciales, du personnel sanitaire et de partenaires internationaux. L’objectif était d’évaluer la situation épidémiologique, de renforcer les mesures préventives et de constituer des équipes spécialisées pour freiner la progression du virus Ebola dans la province du sud-kivu.
Le gouverneur de province Patrick Busu Bwa Ngwi a, dans son mot d’ouverture, souhaité la bienvenue à la délégation venue de Goma, et remercié tous les participants. Il a déclaré que la maladie à virus Ebola est déjà à Bukavu et les mesures d’urgence sont tenues. « La maladie est bel et bien dans la ville et les efforts nécessaires sont déjà déployés pour la prévention », a‑t‑il déclaré.
Bilan épidémiologique
À ce jour, trois cas confirmés ont été enregistrés dans la ville de Bukavu. Plus de 181 contacts ont été identifiés et 179 d’entre eux sont suivis et 2 résultats définitifs restent en attente. Tous les cas confirmés sont isolés et pris en charge dans les centres de Nyakadata et de Lwiro. Le gouvernement provincial a par ailleurs installé des laboratoires spécialisés dotés de dispositifs permanents pour tester les échantillons et fournir des résultats fiables sur la présence du virus.
Des actions à mener sur terrain

Le Dr Freddy Kaniki, épidémiologiste et coordonnateur stratégique de la riposte, a indiqué qu’il avait multiplié les descentes sur le terrain depuis son arrivée à Bukavu et qu’il avait rencontré les équipes sanitaires et les partenaires. « Nous avons visité le site d’isolement où sont gardés les cas d’alerte ; nous continuons à y travailler pour mettre en place des conditions favorables pour la prise en charge des malades », a‑t‑il expliqué tout en demandant à toute la participation d’intensifier les efforts dès maintenant afin d’empêcher une aggravation de la situation.
Recommandations et mesures prioritaires
L’épidémiologiste Freddy Kaniki a fournies des recommandations pouvant permettre de stopper la maladie. Pour lui, que les équipes d’experts sanitaires fassent très vite 30 jours de travail intensif sur le terrain pour détecter les cas suspects et freiner la transmission. En outre, il a précisé qu’il faut :
• renforcer la cellule de surveillance et la mobilisation communautaire ;
• intensifier la surveillance de la mortalité : tout décès doit être investigué et, si nécessaire, prélèvements des échantillons pour analyses en laboratoire. A cela faut ajouter l’organisation des inhumations dignes et sécurisées ;
• restreindre les mouvements en provenance du village de Kahunga afin de ralentir la propagation du virus, en prévoyant un appui conséquent pour encourager les populations à rester chez elles ;
• renforcer l’équipe de communication des risques en impliquant des relais locaux, des responsables religieux et des influenceurs communautaires.
« Le corps d’une personne décédée de la maladie est plus contagieux que celui d’un malade vivant », a rappelé le Dr Kaniki en insistant sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des défunts.

Appel aux renforts
Le Dr Kaniki a demandé l’affectation de deux épidémiologistes supplémentaires pour renforcer la cellule de coordination de la riposte, afin de mieux contenir l’épidémie au sein des communautés.
Jean-Marie Kakule
