
Des réfugiés congolais vivant au Canada et dans d’autres pays occidentaux accusent les autorités de Kinshasa et les grandes puissances mondiales d’avoir abandonné les victimes de la crise sécuritaire persistante dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Dans un témoignage relayé sous le titre « Muselés en exil : Les voix inaudibles des réfugiés congolais », un réfugié congolais installé au Canada depuis dix ans dénonce « l’indifférence des dirigeants congolais et de la communauté internationale » à l’égard des déplacés et exilés congolais.
« Depuis 1994, les gouvernements successifs à Kinshasa n’ont montré que peu d’intérêt pour le sort des réfugiés congolais dispersés à travers le monde », écrit-il, accusant les superpuissances de ne s’intéresser qu’aux ressources minérales du pays.
L’auteur du texte, rescapé des violences dans l’Est, rappelle avoir passé quinze ans dans un camp de réfugiés au Rwanda avant sa réinstallation au Canada. Il affirme que les programmes de réinstallation à l’étranger « Ne sont pas une solution », mais « Un moyen de détourner l’attention de l’échec des politiques de paix en RDC ».
« Nos familles sont massacrées et nos communautés persécutées depuis 1994 », déplore-t-il, tout en accusant le président Félix Tshisekedi de « Continuer à collaborer avec la milice génocidaire FDLR », pourtant sanctionnée par l’ONU.
Selon lui, cette complicité présumée aurait « Aggravé l’extrémisme anti-Tutsi » dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Plusieurs rapports d’organisations internationales, dont Human Rights Watch, Amnesty International et le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC, ont déjà documenté les exactions des FDLR contre des civils.
« La solution à la crise en RDC doit venir de l’intérieur, par des dirigeants intègres qui se soucient réellement du peuple », insiste le réfugié, appelant à « L’élimination des FDLR, au retour sécurisé des réfugiés et à la réforme des forces armées ».
Ce cri d’alarme intervient alors que la situation humanitaire reste dramatique dans l’Est du pays, où plus de 7 millions de Congolais sont actuellement déplacés, selon les chiffres récents de l’ONU.
Eddy Morgan
