
Au sortir de la rencontre entre les responsables du Front pour la Refondation de la nation (FRN) et James Swan, envoyé spécial des Nations unies en RDC, le vice-président du mouvement, Bertrand Bisimwa, a présenté les principaux points abordés.
Il a d’abord fais savoir que la rencontre avait permis de rappeler les objectifs du FRN, qu’il présente comme un agenda national visant à refonder la nation congolaise.
« Nous lui avons dit que le FRN est un agenda national qui a pour objectif de garantir la refondation de la nation, afin de donner de nouvelles perspectives au pays et de rassurer la population quant à son avenir », a déclaré Bertrand Bisimwa.
Concernant le processus de paix de Doha, il a réaffirmé l’engagement du FRN sur la résolution pacifique du Congo et a par la suite, accusé le régime de Kinshasa de ne pas respecter ses engagements, notamment en raison de violations répétées du cessez-le-feu à Minembwe.
« Nous avons également discuté du processus de paix de Doha. Nous avons assuré à nos interlocuteurs que le FRN est engagé dans ce processus, puisqu’il a hérité de l’actif et du passif de l’ex-AFC-M23. Nous leur avons aussi dit que le régime de Kinshasa ne respecte pas ses engagements dans le cadre de ce processus », a-t-il poursuivi.
Le renouvellement du mandat de la MONUSCO

Parlant au nom de la présidence du FRN, Le vice-président s’est opposé à un éventuel renouvellement du mandat de la MONUSCO. Selon lui, la mission n’a pas obtenu de résultats suffisants après 28 années de présence en RDC.
Il estime qu’un mandat supplémentaire ne changerait rien à la situation actuelle et a indiqué que, selon le FRN, la situation demeure stable dans les zones sous son contrôle.
« Nous avons parlé du renouvellement du mandat de la MONUSCO. Pour nous, au FRN, la mission était engagée dans un processus de retrait et nous sommes préoccupés par ce renouvellement, qui ne repose, selon nous, sur aucune base. Vingt-huit ans après, lorsque l’on fait le bilan des activités de la MONUSCO, on constate un échec total. Nous pensons qu’un mandat supplémentaire ne changera rien à la situation actuelle dans le pays. Nous aurions souhaité que le mandat ne soit pas renouvelé et que la MONUSCO poursuive son retrait comme prévu », a-t-il indiqué.
Changement de la Constitution et processus de paix
Abordant le projet de changement de la Constitution porté par Félix Tshisekedi, Bertrand Bisimwa a affirmé que cette démarche pourrait, selon le FRN, remettre en cause le processus de paix de Doha.
Il a appelé la MONUSCO et les Nations unies à avertir le président congolais des conséquences possibles d’un tel changement sur les accords conclus.
« Les accords signés à Doha qu’il s’agisse de la déclaration de principes, de l’accord-cadre ou des autres protocoles reposent sur la Constitution actuelle. Si celle-ci est modifiée, tout le processus de paix de Doha pourrait s’effondrer. Il était donc question que la MONUSCO et les Nations unies, en général, rappellent à M. Tshisekedi le danger que ferait peser un changement constitutionnel sur l’ensemble du processus de paix », a-t-il insisté.
Des préoccupations concernant les lignes de front

Enfin, le FRN s’est dit préoccupé par l’activisme militaire du régime de Kinshasa sur plusieurs lignes de front. Le mouvement affirme que la reprise des attaques crée de nouvelles zones de tension.
Il a notamment cité les axes de Kaziba et de Kuvungi-Katogota, ainsi que les zones de Mwenga, Shabunda et Bunyakiri, dans la province du Sud-Kivu. Au Nord-Kivu, il a mentionné les axes de Pinga, Mpeti, Lubero-Katondi et Masisi, où, selon lui, seraient actives les forces de la coalition composée des FARDC, des Wazalendo, de l’armée burundaise et de mercenaires.
Albert Maisha
