
Le professeur Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 chargé des questions économiques, financières et du développement, a dénoncé ce samedi 29 Août à travers un message publié sur son compte tweeter, la décision du gouvernement congolais de suspendre les activités académiques et para-académiques dans des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu, affirmant que cette mesure risque de compromettre l’avenir des étudiants et de toute la jeunesse de l’Est.
Le CoordA de l’AFC/M23 a estimé que la décision des autorités de Kinshasa, qualifiée par lui de « non réfléchie », risquait de provoquer une année blanche pour les étudiants non concernés par les dérogations accordées aux finalistes.
« L’arrêté suspend, le communiqué tente de justifier. Mais sur le terrain, c’est une année blanche qui se profile pour nos étudiants », s’est-il indigné.

Selon Freddy Kaniki, l’arrêté suspend notamment les inscriptions, les cours, les évaluations et les délibérations dans les établissements concernés, tandis que seuls certains étudiants finalistes bénéficieraient de mesures dérogatoires.
Il a également critiqué les explications ultérieures du gouvernement congolais, accusant Kinshasa d’avoir adopté des mesures sans proposer, selon lui, de mécanisme suffisamment précis pour assurer la continuité des études des étudiants non finalistes.
« Sept jours plus tard, le ministère de la Communication parle de mesures conservatoires, ciblées et temporaires pour protéger les parcours et éviter que l’enseignement ne devienne un “butin de guerre” », a-t-il relevé.
Le responsable de l’AFC/M23 affirme cependant qu’aucune solution concrète n’a, selon lui, été annoncée pour les étudiants concernés.
« Ni enseignement à distance, ni délocalisation organisée, ni calendrier de reprise. Pour les non-finalistes, c’est une année perdue », a-t-il déclaré.
Freddy Kaniki a également contesté ce qu’il présente comme la possibilité d’orienter certains étudiants de Goma et Bukavu vers Bunia, une ville de l’est de la RDC, estimant que cette solution exposerait les étudiants à d’autres risques.
« Prétendant protéger les étudiants contre l’insécurité, Kinshasa envisage de les envoyer là où l’insécurité se conjugue avec Ebola et où les morts se comptent par milliers. Quel travail ! », a-t-il lancé.

Le professeur a toutefois affirmé que l’AFC-M23 va mettre en place ses propres mécanismes pour assurer la poursuite de la formation dans les territoires qu’il contrôle et administre.
« Nous refusons de politiser l’avenir de nos étudiants. Ils ne doivent pas être les victimes collatérales d’un État failli », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur adjoint de l’AFC-M23 a également assuré que son mouvement poursuivrait ses efforts pour maintenir les activités éducatives et universitaires dans les zones placées sous son administration.
« Notre responsabilité est de prendre des décisions idoines pour assurer la continuité de l’enseignement, la sécurité des étudiants et la préservation de leur avenir. C’est une responsabilité à laquelle nous ne démordrons pas », a-t-il conclu.
Jean Placide Assumani
