Dans une interview publiée par vox of Kivu, Lawrence Kanyuka, Porte-parole de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a justifié la prise de la ville de Masisi-Centre estimant qu’il était temps d’empêcher le plan d’extermination des populations congolaises de certains groupes ethniques spécifiques.
S’agissant de l’application en cours de la peine de mort par le régime de Kinshasa sur toute personne qui pourrait relayer des informations en rapport avec l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka a dénoncé une violation délibérée de l’homme et des droits à l’information.
Comment justifiez-vous la prise de Masisi par votre mouvement ?
Lawrence Kanyuka :
Ces trois derniers jours, nous avons été attaqués de manière répétitive par les forces coalisées du regime de Kinshasa, et ces attaques étaient contre la population civile dans des zones densément peuplées. Cette coalition soutenue par les militaires Burundais cherche activement à exterminer une partie de notre population congolaise.
Et comme nous l’avions bien précisé dans notre communiqué du 27 décembre 2024, nous n’allons plus tolérer les massacres de nos compatriotes et nous allons éliminer toutes les menaces à leur origine. Sur ce, nous sommes vite intervenus pour protéger la population de Masisi-Centre et jusqu’à ce jour, cette ville est sous notre contrôle et nous avons ramené la paix à ces populations longtemps massacrées par les FDLR, les WAZALENDO, les Forces Nationales de Défense du Burundi ainsi que les Imbonerakure (milice pro-gouvernemtale du Burundi) qui entraînaient les populations comment tuer à l’aide des armes banches. Nous les avons tous mis hors d’état de nuire.
Votre réaction au sujet du Ministre Constant MUTAMBA par rapport à l’exécution de la peine de mort sur toute personne qui soutiendrait l’AFC/M23 ?
Lawrence Kanyuka :
Nous attirons l’attention de la communauté internationale, des leaders régionaux et de l’opinion publique sur les déclarations incendiaires du gouvernement congolais à travers son Ministre d’Etat, Ministre de la justice et Garde des sceaux, Monsieur Constant Mutamba au sujet de la peine de mort qui sera exécutée contre tout congolais qui parlera des actions ou des avancées de l’AFC/M23 à l’Est de la RDC.
Le gouvernement de Kinshasa ne veut pas que la population soit informée de la guerre de l’Est. Ils veulent que toute la communication de guerre soit orientée uniquement en faveur de Monsieur Tshisekedi alors que toute population a droit à l’information; et ce droit à l’information est garanti par la constitution et défendue par l’Article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme (1948), qui déclare que le droit fondamental à la liberté d’expression englobe la liberté « De chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
Précisons qu’à l’Est de la République Démocratique du Congo la situation de la guerre reste très tendue entre l’AFC/M23 et les forces coalisées de Kinshasa : FARDC, WAZALENDO, FDLR appuyées par les mercenaires.
Jean Placide Assumani
