Aux premières heures de ce jeudi 09 Janvier 2025, les nouvelles en provenance du front Masisi viennent troubler la fête des forces gouvernementales. Il est rapporté la reprise totale du contrôle de la ville de Masisi-Centre par les forces rebelles dirigées par Corneille Nangaa (Aile politique) et Sultani Makenga (Aile militaire).
La dernière actualité de Masisi-Centre vient compliquer la donne à la coalition de Kinshasa qui venait de mettre d’importants moyens militaires à la disposition des FARDC, de l’Armée burundaise, des FDLR et des miliciens Wazalendo.
Certaines vidéos partagées par quelques miliciens Wazalendo mercredi montraient la collaboration sur le terrain de la guerre entre les soldats du gouvernement, ceux de l’armée burundaise, les mercenaires européens, les Ex-Far débaptisés FDLR et la nébuleuse des milices Wazalendo.
Une offensive coordonnée
Toute la journée du mercredi 8 janvier 2025 était enflammée sur la toile congolaise. Des images des miliciens Wazalendo, des FARDC et des soldats Burundais défilaient sans vraiment certifier de la reprise effective de Masisi-Centre.
Les uns comme les autres annonçaient la reprise de la ville par la coalition gouvernementale. Le Ministre de la Justice, Constant Mutamba a même tweeté sur la question: “Bravo à nos FARDC et Wazalendo pour la reprise de MASISI.
L’ennemi est en débandade”, a-t-il annoncé. D’après des informations recueillies sur place à Masisi-Centre, l’armée burundaise a déployé des hommes en nombre impressionnant ainsi que des munitions de guerre qu’il faut. Cependant, comparé à la détermination des troupes en face, celles de l’AFC/M23, la coalition gouvernementale n’a pas pu contenir l’intensité des combats.
“Ce jeudi 9 janvier 2025, les choses tournent mal pour les Tshisekedistes à Masisi-Centre. Les kamikazes FDLR et Wazalendo qui s’étaient cachés dans la ville lors de sa prise par l’AFC le 4 janvier ont organisé un attentat aux bureaux du Territoire pour une séance de filmage mal encadrée. Les troupes AFC les ont immédiatement neutralisées et le véhicule de l’Administrateur du territoire venu en renfort capturé”, a publié l’opposant Simaro Ngongo sur son compte X jeudi.
Une petite guerre mondiale
En face de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), se trouvent alignées plusieurs armées africaines et du monde. D’abord les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dont les effectifs avoisineraient les 50.000 hommes dans la région; ensuite les troupes de la SADC constituées de soldats sud-africains, tanzaniens et malawites.
Il faut également lister l’armée burundaise et les troupes de la Monusco de l’opération Spring Bock qui comprend des Indiens, des Uruguayens et des Guatelmaques. Même si ces derniers, n’ont pas un effectif important, ils assistent les fardc à soigner et à évacuer des blessés.
L’on compte aussi des Pakistanais engagés plus dans l’aviation et des hélicoptères militaires de transport. Aux côtés de tous ces contingents engagés en appui au président Félix Tshisekedi, l’on peut énumérer des mercenaires européens, des Ex-Far/Interagamwe débaptisés FDLR et des miliciens Wazalendo rassemblés au Nord-Kivu, sans aucun contrôle ni une quelconque formation militaire de base. La guerre de l’Est, dans sa phase du Masisi réunit tous les ingrédients d’une petite guerre mondiale.
Censure médiatique renforcée à Kinshasa

Le ministre de la justice s’est prononcé jeudi matin pour annoncer des mesures allant jusqu’à la condamnation à mort des personnes qui feraient l’apologie de la rébellion. Mutamba a mis en garde : “Tout acteur politique, de la société civile, journaliste, religieux, qui relayera les activités de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23, subira désormais la rigueur de la loi (PEINE DE MORT) . Notre intégrité territoriale ne se marchande pas”, a-t-il souligné.
Des mesures seront prises contre les médias qui soutiennent les actes dits terroristes en RDC. Selon le Ministre de la communication et médias, porte-parole du gouvernement de la RDC, “Il est impératif de garantir la paix et de protéger les efforts nationaux pour restaurer la stabilité dans l’Est du pays » a indiqué Patrick Muyaya, à l’issue de la réunion du Conseil supérieur de la defense.
Les médias internationaux travaillant en RDC ont été convoqués au ministère de la Communication jeudi matin. Il y a deux jours, Patrick Muyaya avait annoncé que « Des mesures seront prises dans les jours à venir contre tous les médias qui travailleraient dans le sens d’accompagner l’œuvre terroriste qui s’est faite en RDC pour l’impératif de la paix ».
Dans une publication ce jeudi matin, le journaliste Stanis Bujakera souligne qu’après le retrait de l’accréditation d’Al Jazeera pour son interview avec Bisimwa du M23 et l’avertissement adressé à RFI, France24 et TV5, “Kinshasa durcit le ton en menaçant de faire subir la rigueur de la loi, brandissant même la peine de mort contre les journalistes, les religieux, les politiques et la Société Civile qui relateraient toute activité de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23”.
Corneille Nangaa, sain, sauf et d’attaque !

Des articles conspirés et des émissions attentatoires à la personne du leader de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) ont été imaginés, pondus et disséminés dans les principales plateformes numériques en République Démocratique du Congo. Tout est parti d’un écrit attribué à un certain Maître Beylard David, pseudonyme d’un conseiller du président Félix Tshisekedi.
Celui-ci a été chargé, à l’issue d’une messe noire à Dubaï, de concevoir un bobard calamiteux qui désorienterait l’opinion publique contre la percée militaire de l’AFC. Mercredi, le mouvement de Corneille s’exprimé.
Toute cette semaine, les réseaux sociaux ont arrosé les plateformes numériques congolaises d’informations infondées au sujet de Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
À partir d’un texte largement financé et partagé, les membres de la majorité politique du président Félix Tshisekedi ont imaginé « Une captivité de Corneille Nangaa et sa possible livraison au gouvernement de Kinshasa ».
Ils y narrent l’état de santé du leader de l’AFC soutenant qu’il serait en très mauvaise santé. “Fabrication du régime de Kinshasa qui saute aux yeux et ridiculise ses auteurs”, a réagi un internaute depuis le Mexique.
“Je parle régulièrement à Corneille Nangaa. Non seulement il se porte comme un charme, mais il est davantage combatif, engagé et déterminé à chasser Tshisekedi”, a déclaré Fazili Mupenda Katembo.
Évaluation faite, la prolifération des fausses nouvelles par le régime de Kinshasa ne date pas de cette année 2025. Le 3 février 2024, alors que certaines rumeurs s’étaient répandues sur la toile faisant état de la mort de Corneille Nangaa, le chef rebelle avait réapparu ce samedi là dans une vidéo tournée, on ne sait où. Le coordonnateur de l’Alliance du fleuve Congo (AFC/M23) n’avait plus fait signe de vie depuis plusieurs jours.
“Certaines langues avaient carrément affirmé que l’ancien président de la Centrale électorale était touché après une attaque menée par les drones des FARDC contre les positions ennemies”.
Réapparu en bonne mine, Corneille Nangaa avait confirmé, à travers une courte vidéo, la prise du village de Shasha situé à 33 km de Goma au Nord-Kivu par l’AFC/M23.
Brique Lutandilafio
