Face aux tentatives répétées de manipuler nos institutions et d’ébranler les fondements de notre démocratie, je tiens à m’adresser directement à vous. En tant qu’intellectuel engagé, il est de mon devoir de dénoncer toute initiative qui pourrait compromettre notre avenir collectif.
Mon opposition à la révision constitutionnelle, telle qu’envisagée aujourd’hui, s’appuie sur des exemples concrets tirés de l’histoire récente de pays qui, comme nous, ont affronté des périodes de dérives autoritaires.
Les leçons de l’Allemagne et de l’Italie démontrent que ces deux nations, après avoir vécu sous des régimes dictatoriaux, ont instauré des mécanismes rigoureux pour protéger leurs principes fondamentaux.
Le cas de l’Allemagne
Après la Seconde Guerre mondiale et les horreurs du nazisme, l’Allemagne a inscrit dans sa Loi fondamentale de 1949 des dispositions dites intangibles (clausulae intangibilis).
• Article 79(3) : Cet article interdit toute révision constitutionnelle qui porterait atteinte à des principes essentiels tels que :
• La dignité humaine.
• Les droits fondamentaux.
• La structure fédérale de l’État.
• Les principes démocratiques et l’État de droit.
Le Tribunal constitutionnel fédéral veille à ce que ces principes soient respectés. Par exemple, en 1951, il a annulé une loi jugée contraire aux droits fondamentaux, affirmant que ceux-ci sont protégés même contre le Parlement.
Le cas de l’Italie
De même, l’Italie, dans sa Constitution de 1947, a intégré des garde-fous pour empêcher tout retour en arrière.
• Article 139 : Il interdit toute modification portant atteinte à la forme républicaine de l’État.
La Cour constitutionnelle italienne a également développé un mécanisme pour invalider les lois, même constitutionnelles, qui violent des principes jugés essentiels, tels que la démocratie, la séparation des pouvoirs et les droits fondamentaux.
Ces pays ont appris de leur histoire et ont mis en place des systèmes solides pour protéger leur peuple contre toute tentative de détournement des institutions.
Quelle inspiration pour la RDC ?

Notre Constitution, à travers son article 220, interdit déjà toute révision touchant à certains principes fondamentaux, notamment la forme républicaine de l’État, le suffrage universel, et la séparation des pouvoirs. Cet article est notre bouclier contre les ambitions démesurées.
Cependant, pour que cette protection soit réellement efficace, nous devons exiger :
• Un contrôle juridictionnel rigoureux, assuré par une Cour constitutionnelle indépendante et inébranlable.
• Une mobilisation citoyenne constante pour défendre nos acquis démocratiques.
L’expérience de l’Allemagne et de l’Italie montre qu’un peuple qui se dresse pour protéger ses droits ne peut être facilement vaincu. Ces pays nous enseignent qu’il est possible de garantir des principes immuables, même face à des pressions politiques.
Mon appel au peuple congolais
Je vous invite à rester vigilants et à rejeter toute tentative de modifier notre Constitution pour des intérêts personnels ou politiques. Notre démocratie, bien qu’imparfaite, est un trésor que nous devons protéger.
Ce combat n’est pas celui d’un individu ou d’un groupe, mais de nous tous, citoyens engagés pour l’avenir de notre pays. Ensemble, faisons entendre notre voix et défendons les principes qui nous unissent.
Dr Pitchou Zonga

La révision,le changement ,l’évaluation de la constitution de la RDC serait une option a réfléchir deux fois avant de s’y engager pour ou contre un choix .
Tenons bon.