Le chef-lieu de la province du Nord-Kivu est la ville la plus militarisée de la République Démocratique du Congo. Cette erreur du pouvoir Tshilombo qui croit installer ses quartiers des commandements avancés contre ses propres alliés est une ironie d’une gouvernance atypique. La ville la plus militarisée et la plus insécurisée.
Un chef de l’Etat qui avait rappelé le jeudi 08 Octobre 2020 sa promesse d’aller s’installer à Goma « jusqu’au rétablissement de la paix à l’Est de la RDC » a bien bluffé la population. Par contre, il a choisit d’envoyer dans la plus belle ville de la RDC des tueurs incontrôlés des groupes armés rivaux, des mercenaires blancs, des militaires Burundais et des dizaines de généraux faisant bombasse dans des jolis hôtels et villas construites rapidement par les bénéficiaires de l’état de siège. Dans cette mafia où les armes légères circulent facilement, les règlements des comptes, les envies, les deals non résolus, la recherche du gain facile , la haine, parfois l’oisiveté et la débauche poussent aux crimes urbains et à l’insécurité.
Tueries ciblées à Goma et bavures
À Goma, hormis les bavures, les tueries sont souvent ciblées comme l’a même confirmé le maire policier de la ville le samedi 17 Août 2024, dans sa politique nommée « Safisha Muji wa Goma » (sécuriser la ville de Goma). Mais le commissaire supérieur principal Kapend Kamand est lui aussi impliqué dans l’insécurité à Goma avec le gouverneur militaire. Les deux sont cités dans plusieurs rapports de flirter avec les FDLR
et d’être incompétents face aux bandits qui sèment la mort ,qui pillent les populations la nuit et le jour. Dans les 18 quartiers de Goma, les chefs de proximité dits Nyumba Kumi contrôlant chaque 10 maisons sont sans pouvoir, sans équipements et ne sont pas payés. Leur rapport avec la police sont aussi en dents de Cie. La « surmilitarisation » de Goma devient un sujet de préoccupation majeure tant pour la population que la communauté internationale. Au lieu d’être protégés par les forces coalisées, les habitants de Goma se sentent de plus en plus vulnérables, victimes de vols, de meurtres et d’autres violences quotidiennes.

Cela fait plus de trois décennies que les conflits ethniques persistent à l’Est de la RD CO prenant racine dans des politiques d’exclusion depuis 1960. Cette guerre, longtemps dénoncée, dont les causes les plus profondes ne
sont pas résolues, la communauté internationale restant impuissante, ses horreurs sont au paroxysme de la déception populaire à Goma. Malgré les efforts pour éradiquer pacifiquement et diplomatiquement ces conflits, le régime de Kinshasa semble privilégier des intérêts qui alimentent la guerre. « À quoi sert réellement cet état de siège chez nous ? » s’interrogent de nombreux habitants de Goma et de ses environs. Actuellement, la ville reste en proie d’une
insécurité permanente, alors que les FARDC continuent de s’affronter avec les FDLR et les Maï-maï dits Wazalendo.
La population appelle à une action urgente pour restaurer la paix et la sécurité dans cette région meurtrie. Cevendredi 27 Septembre 2024 l’un des responsables d’une radio œcuménique, a été abattu pendant que les hauts gradés de l’armée Congolaise étaient en réunion de « renonciation » avec leurs supplétifs des Wazalendo, après des combats de trois jours entre eux, partenaires contre nature. Avant cet assassinat, une jeune fille de 6 ans avait été kidnappée et son corps sans vie jetée devant la parcelle familiale trois jours après.
Jeux de cache-cache entre alliés
La question est de savoir si réellement sans faux semblant : « les FARDC, FDLR et Wazalendo continueront à opérer ensemble dans cette situation de méfiance ? » La réponse est NON. Ils vont cohabiter en chats et souris, juste pour éviter la honte mais leurs ambitions sont différentes. Les FARDC ont tenté de capturer un chef FDLR afin que Félix Tshisekedi trouve un discours à la 79eme assemblée des Nations-Unies mais le
stratagème a raté. Les chefs Wazalende dépêchés à Goma après leur réunion de Lubero du 20 Septembre 2024 ne visent que l’argent. Bref, une nouvelle gouvernance est attendue afin d’éradiquer définitivement l’insécurité à Goma
Jean-Placide ASSUMANI
