
Lors d’une conférence de presse tenue à Goma ce vendredi 13 mars, le notable du sud kivu est sorti de ton silence. Il a fustigé le comportement belliqueux du régime de Tshisekedi qui a bombardé par drones la ville de Goma causant la maire des trois civils innocents. L’ancien parlementaire a déclaré que ces bombardements ne surprennent plus personne, car ils sont désormais la politique du gouvernement de Kinshasa.
Selon lui, ce que fait Félix Tshisekedi à Goma s’inscrit dans la continuité de ce qui se produit à Masisi, Rubaya, Minembwe et ailleurs dans les zones occupées et administrées par l’AFC-M23.
Il affirme que le pouvoir en place se satisfait des tueries de personnes innocentes : « Ces bombardements ne changent rien sur les lignes de front. Le bombardement de Goma fait suite aux autres frappes qui ont eu lieu dans la région. Ils ont envoyé des drones qui ont bombardé Rubaya et tué des personnes ; à Masisi-centre, ils ont aussi tué sans pitié. Ce qu’ils font à Goma est la suite de ce qu’ils font ailleurs. Ce qu’ils font, c’est le plaisir de tuer, le plaisir de faire couler le sang des civils et des innocents, parce que ces bombardements ne leur font gagner ni centimètre de terrain, ni village. »
Nyarugabo se dit surpris qu’après les frappes à Masisi les autorités aient revendiqué les opérations, alors qu’elles restent muettes lorsqu’elles n’atteignent pas le coordonnateur de l’AFC-M23.
« S’ils avaient atteint le coordonnateur de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, ou le général Makenga, ou encore le président honoraire Joseph Kabila, ils auraient revendiqué. Aujourd’hui, leur discours est ambigu ; même dans leur communiqué, ils n’affirment rien et annoncent seulement des enquêtes,c’est peut-être parce qu’une Française a été tuée », a-t-il ajouté.
Abordant les bombardements qui touchent Minembwe et les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira, dans le Sud-Kivu, le notable a dressé un bilan sombre : d’importantes pertes humaines et matérielles, souvent dirigées contre les communautés banyamulenge.
« Plusieurs milliers de Banyamulenge ont été tués. Plus de 480 villages ont été incendiés et rayés de la carte, y compris des écoles, des hôpitaux, des centres de santé, des églises et d’autres infrastructures de base », a-t-il affirmé.
Plusieurs civils continuent d’être massacrés dans l’est de la RDC, souvent en raison de leur appartenance ethnique, alors qu’ils sont tous Congolais.
Moïse Nyarugabo condamne fermement le comportement de Félix Tshisekedi, estimant que celui-ci se trompe s’il croit détenir la vie et la mort entre ses mains et pouvoir tuer n’importe qui à tout moment.
Albert Maisha
