
Une centaine de militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo évacuée de la ville de Goma depuis ce mercredi 30 Avril 2025 dans des bus civils, escortés par des jeeps du Comité International de la Croix-Rouge , c’est le spectacle en photos et vidéos de cette journée de fin du mois.
Des militaires vaincus fin janvier, quand la ville passait sous administration de l’AFC/M23, s’étaient retirés dans les enclos de la Mission Onusienne, Monusco. Certaines sources parlent de plus de 2000 à 3000. Après trois mois, ces militaires qui vivaient comme des fugitifs dans la ville, se sentiraient quelque peu en obligation de retourner chez eux à Kinshasa et ailleurs, après une série de défaites sur les lignes de fronts.
Ils ont traversé le tout Goma vers l’Est et le Nord, puis conduits à travers les territoires de Nyiragongo, Rutshuru et Lubero sous administration de l’AFC/M23. Avant d’arriver à Beni, ils vont passer par Lubero et Butembo après plus de dix heures d’un voyage anecdotique, « Retour à la maison après défaites », protégés par ceux qu’ils combattaient.
Parmi ces « FARDC » il y a ceux qui se sentent toujours trahis par le pouvoir de Kinshasa qui les envoyait à la mort sans formation adéquate. D’autres se seraient sentis trahis par des supérieurs affairistes qui, au lieu de commander la guerre en professionnels, formés dans des académies militaires passaient les clairs de leurs temps dans des bizness, trafic d’influence et dolce vita dans des palaces et autres hôtels étoilées de Goma.
Entre le 25 et le 28 Janvier 2025, pendant que les combattants de l’AFC/M23 s’emparaient de la ville de Goma après des rudes combats, plusieurs de ces militaires FARDC étaient restéssans commandants, les principaux généraux, colonels avaient décroché en se repliant dans une confusion et imbroglio vers la province du Sud-Kivu.
Trois mois sans fin et si longs

Les « vaillants » soldats des FARDC ont connu toute sorte de honte en se cachant dans la ville conquise. Les plus prudents se sont fait enrôler dans le mouvement révolutionnaire de l’AFC/M23 tandis que les plus téméraires attendaient une éventuelle reprise de la ville par Kinshasa qui n’arrête pas de faire nourrir d’espoir les indécis sur une hypothétique reprise de Goma.
« En complicité avec la Monusco, certains militaires sortaient opérer dans la nuit » avant de revenir dans les enclos ont dénoncé certaines autorités du pouvoir actuel à Goma. Des sources disent aussi que les militaires FARDC en acceptant de quitter Goma ce mercredi avaient la peur au ventre, redoutantdes représailles.
Coté AFC/M23, c’est un soulagement de voir ces militaires FARDC partir le lendemain du début du départ de la SAMIRDC, car ils étaientde trop en cette période de stabilisation de la sécurité.
Plus de cent jours confinés dans les enclos de la Monusco à Goma, il y a eu des malades jusques aux extrêmes. L’eau à boire leur était amené dans des citernes des camions, la pression des familles qui voulaient en savoir plus sur leurs situations, l’insécurité dans la ville de Goma qui leur incombait…la vie n’a pas été facile pour ces vaincus.
On peut imaginer la douleur de laisser la ville qu’ils sont venues défendre, occupée par des rebelles qui les laissent la traverser avec femmes et enfants sous escorte humanitaire, suivis par des yeux de Gomatraciens qui s’empressent à immortaliser cette journée par des photos.
Le régime Kinshasa ne doit pas être content de cet opprobre vu par des millions et commentés par la presse du monde entier. Une leçon qui en sort est que comme le disait Corneille Nangaa lors de sa rencontre avec les professeurs des universités et la diaspora : « La RDC n’a pas d’armée. Le pays est failli. Nous devons créer une armée forte dont la mission principale est de « faire la guerre » pour protéger le pays. »
Jean-Leroux NTITA
