
Depuis la prise de la ville de Goma par les forces de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), appuyées par le mouvement du M23, un vent d’accalmie semble souffler sur la ville. Plusieurs habitants affirment que la sécurité s’est nettement améliorée, notamment pendant la nuit, permettant la reprise progressive des activités nocturnes qui étaient devenues rares à cause de l’insécurité.
Au marché de Katoy, dans la commune de Karisimbi, Yvette Kasoki vend calmement ses beignets jusqu’à une heure avancée de la soirée. Cette mère de famille n’a pas hésité de se confier au micro de newsdrc.
« Je suis en train de vendre des beignets, pas des armes ou des discours politiques. Je suis sans crainte parce que je sais que la sécurité est totale. Les nouvelles autorités de l’AFC/M23 nous ont rassurés qu’il n’y a rien à craindre. Et depuis leur présence, je n’ai jamais vu quelqu’un être agressé comme c’était le cas avant. Je veux finir à vendre à 22h pour aller me reposer à la maison, un peu loin d’ici. Je vis à Goma, vers la station Simba ».
Le témoignage de Yvette rejoint celui de plusieurs autres citoyens rencontrés dans les rues de Goma, en particulier les motards, longtemps exposés aux attaques nocturnes. Kakule Jérôme, motard de profession, a affirmé la reprise de ses activités après le coucher du soleil.
« Je suis un motard depuis 5 ans maintenant. Je suis content de voir que nous avons repris le travail de la nuit. Jusque-là, aucun problème. Je n’ai pas eu de clientèle pendant la journée, j’essaie de me rattraper la nuit. Je gagne en moyenne 200 000 francs congolais, cela dépend du jour. Et je rentre avec mon argent tranquillement » s’est confié ce conducteur de taxi moto.
Plusieurs petits commerces, bars, points de vente de nourriture et de services de transport restent désormais ouverts jusqu’à tard dans la nuit, un fait qui semblait impossible il y a encore quelques semaines.
Des habitants reconnaissent que cette nouvelle dynamique ne règle pas tous les défis, mais ils saluent un climat de sécurité retrouvé.

« Aujourd’hui, on peut circuler avec sa moto même après 21h sans craindre d’être dépouillé, » a dit un autre jeune du quartier Mabanga avant d’ajouter : « Il faut que cette stabilité continue »
Dans une ville autrefois paralysée par l’insécurité nocturne, les autorités de l’AFC/M23 misent sur la restauration de l’ordre pour gagner la confiance des populations.
En attendant une stabilisation politique durable, Goma vit au rythme d’un calme relatif, où les lampes des vendeuses, les phares des motos et le brouhaha des marchés nocturnes reflètent d’une reprise timide mais réelle des activités urbaines.
La Rédaction
