Le président angolais João Lourenço a intensifié, ce samedi 19 octobre, ses efforts diplomatiques pour apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda. Il a eu, dans la matinée, des conversations téléphoniques avec les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Des discussions axées sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Ce nouvel échange intervient dans un contexte où les relations entre Kinshasa et Kigali restent tendues, malgré le processus de Luanda destiné à ramener la paix dans cette région troublée.
Alors que la cinquième réunion ministérielle tenue à Luanda le 12 octobre 2024 avait laissé espérer une accalmie, la situation demeure complexe, et ce, malgré l’optimisme affiché par certains. L’Union européenne, par exemple, avait salué ce qu’elle considérait comme des avancées dans le cadre des négociations. Mais, depuis, des divergences d’interprétation sont apparues entre les parties.
Le Rwanda aurait accepté de retirer ses troupes présentes en RDC
Et la première d’entre elles concerne la délicate question de ce que Kigali appelle la « Levée du dispositif défensif rwandais ». À Kinshasa, il est entendu que le Rwanda aurait accepté de retirer ses troupes présentes en RDC, une présence attestée par plusieurs rapports internationaux dont celui des experts des Nations-Unies.
La Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a d’ailleurs déclaré, jeudi 17 octobre, à Bruxelles, que « Pour la première fois, le Rwanda a accepté de présenter un plan de retrait pour plus de 4000 militaires ». Mais Kigali dément. Olivier Nduhungirihe, le chef de la diplomatie rwandaise, a réagi avec véhémence, affirmant que le Rwanda n’a jamais accepté un tel retrait, ni à Luanda, ni ailleurs.
Des propos dénués de tout fondement
Il a dénoncé ces propos comme étant dénués de tout fondement, soulignant qu’un tel engagement ne figure nulle part dans les discussions tenues lors de la cinquième réunion ministérielle de Luanda. Face à cette confusion, tous les regards se tournent désormais vers la facilitation.
Kigali aurait encouragé Kinshasa à dialoguer directement avec l’Alliance Fleuve Congo/M23

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, avait affirmé, mardi 15 octobre que la solution à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC réside notamment dans le « Dialogue politique direct » entre le gouvernement congolais et le M23, une milice majoritairement Tutsi, appuyée par plus de 4 000 soldats rwandais (selon l’ONU), et qui s’est emparée depuis fin 2021 de larges pans du Nord-Kivu.
Le Rwanda, dénonçant la stratégie du bouc émissaire consistant à lui faire porter la responsabilité de l’instabilité dans l’est congolais, a encouragé l’administration de Tshisekedi à s’attaquer aux causes profondes de la crise qui, selon Olivier Nduhungirehe, « comprennent le discours de haine, la marginalisation historique, la discrimination et la persécution des Tutsis congolais ».
D’ici au 26 octobre, l’Angola est appelé à soumettre un concept des opérations (Conops). Il s’agit d’un document stratégique qui devra prendre en compte les préoccupations des deux parties. Ce texte sera ensuite soumis à l’examen des experts congolais et rwandais lors d’une réunion prévue le 30 octobre à Luanda.
