Des tirs se rapprochent inexorablement de la ville de Goma. Il s’agit d’une guerre entre coalisés Tshisekedistes déclenchée depuis le mardi 24 septembre 2024 à 2 heures du matin. L’assaut lancé par le général Chicko Tshitambwe, sur ordre de Tshisekedi, contre le général FDLR Omega tourne au vinaigre. Tshisekedi n’a pas réussi à capturer le chef des génocidaires qu’il voulait brandir au monde en signe de bonne foi dans la logique de neutralisation souhaitée de cette force négative.
Ce jeudi matin, les coups de feu se sont véritablement rapprochés de Goma. Tous les combattants FDLR informés du changement tactique de la politique de Félix Tshisekedi à leur endroit, se sont rapidement rassemblés pour défendre leur chef Omega toujours recherché par le général Kasaïen Chicko Tshitambwe.
Attaquer les FDLR, c’est la fin de Tshisekedi
En cinq années, les forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr) ont réussi à pénétrer le système de défense et de sécurité de la République Démocratique du Congo. Dès son accession au pouvoir en 2019, Tshisekedi avait jugé bon de collaborer avec le gouvernement de Kigali dans la perspective de neutralisation de cette force à raisonnance génocidaire. Ce partenariat a vite volé en éclat au point que le président congolais a décidé de rallier les FDLR dans l’objectif de décapiter le régime de Kigali et surtout, croyait-il, de sanctionner son ancien allié Paul Kagame. Depuis 2020, Félix Tshisekedi a redimensionné son soutien aux FDLR en intégrant leurs différents spécialistes à tous les niveaux de son système de défense et de sécurité ANR, DEMIAP, PNC et FARDC.
Au niveau des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), les FDLR ont été intégrées aussi bien dans le système de commandement que dans les unités combattantes. Lors du procès “Nangaa et consorts” le 24 juillet 2024, le prévenu (aujourd’hui condamné) Éric Nkuba, avait révélé que l’un de ses coaccusés avait été arrêté par des éléments FDLR à Goma. Et d’ajouter que “sa machine (ordinateur portable) confisquée par la DEMIAP contenait des preuves de la présence des FDLR au sein des unités des FARDC”. À Goma, Félix Tshisekedi a imposé le commandement militaire à une co-gestion avec les miliciens rwandais. Ce qui revient à dire que les attaques perpétrées depuis 48 heures par Tshisekedi contre les FDLR exposent le régime congolais à d’énormes risques de déstabilisation sécuritaire dans son propre système de défense.

Les FDLR influentes dans les groupes Wazalendo et les Forces burundaises
L’action décidée de déstabilisation des FDLR par Félix Tshisekedi présente un plus grand danger pour son régime à tous les niveaux. Ce sont les FDLR qui sont utilisées sur les premières lignes de défense des offensives militaires contre les troupes de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi. Les affrontements improvisés à Mugunga, Rusayo près de Goma et qui se poursuivent visent à démanteler les positions FDLR. Tous ces sites étaient majoritairement contrôlés par les FDLR. Il y a quelques jours, le Gouverneur du Nord-Kivu Peter Cirimwami a personnellement déployé des unités FDLR à Minova dans une dynamique de préservation des positions des FARDC vis-à-vis de la menace de conquête AFC. Sur les différents fronts du Masisi, les troupes burundaises alignent prioritairement au champ de bataille, des éléments FDLR. Tout récemment, des unités commandos FDLR ont été déployées dans le grand Katanga notamment pour la sécurisation des sites miniers.
Attaques contre le Rwanda à partir de Goma et Bukavu
Félix Tshisekedi vient de sursoir momentanément à l’attaque planifiée de la ville de Gisenyi (Rubavu) pour privilégier sa dernière décision de capturer le chef des FDLR Omega. Une unité était localisée au niveau de Nyiragongo (Goma) chargée de mener l’offensive directe sur le Rwanda. L’attaque prévoyait également une pénétration du Rwanda à partir de Bukavu. Ces attaques étaient planifiées sans associer la Monusco.
Cassure totale entre FARDC et FDLR
Les FDLR ont véritablement beaucoup perdu de leurs hommes lors des différentes opérations militaires engagées contre l’AFC/M23. Malgré que Tshisekedi les a fortement requinqués en armes, munitions de guerre et finances, l’attaque dirigée contre leur leader Omega vient briser le mariage et exposer Kinshasa à une triple guerre. Guerre avec le Rwanda, guerre avec l’AFC et aujourd’hui, une guerre brutale avec les FDLR. Dans cet état de situation, le régime de Kinshasa devient fragile et risque de subir des défaites imprévisibles.
Brique Lutandilafio
