Il y a des choses plus importantes que de rester au pouvoir. Ce sont les peuples et les personnes qui comptent plus que tout, a souligné Joe Biden, président des États-Unis lors de son dernier discours à l’Assemblée générale de l’ONU mardi 24 septembre 2024 à New-York. Propos considérés comme des piques incisives adressées directement à Félix Tshisekedi, le président congolais qui fait feu de tout bois pour prolonger son dernier mandat au sommet de l’État par le truchement d’une révision constitutionnelle alors que son bilan est jugé ténébreux.
La journée était particulièrement difficile pour le président de la République Démocratique du Congo, Monsieur Félix Tshisekedi au siège de l’ONU à New-York. Déjà accablé par des scandales financières de détournements et des massacres à grande échelle dans son pays, Tshisekedi a été estomaqué d’apprendre que l’opposant Jacky Ndala venait de dévoiler les détails de ses tortures sexuelles à l’Agence Nationale de renseignement (ANR). Tout ceci dans un contexte où son gouvernement fait face à une révolution armée dans la partie orientale du pays.
Un calme sur les lignes de front
Félix Tshisekedi va s’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU avec moins d’assurances sécuritaires pour son régime étant donné qu’une partie de son pays reste aux mains de l’opposition armée incarnée par l’Alliance Fleuve Congo (Afc) dirigée par l’ancien président de la commission électorale, Monsieur Corneille Nangaa Yobeluo. Le discours de Tshisekedi sera dit dans une atmosphère tendue entre son régime et l’opposition interne. Celle-ci restant divisée à l’idée d’un dialogue de réconciliation nationale. Si l’ancien candidat président de la République Martin Fayulu y croit de toutes ses forces, ses partenaires politiques ne l’entendent pas de cette oreille. Katumbi a fini par lui opposer une fin de non-recevoir emboîtant ainsi le pas à Joseph Kabila, l’ancien président de la République qui s’oppose catégoriquement à tout dialogue. Pendant ce temps, la situation dans la partie est du pays n’a pas évolué en faveur de Tshisekedi.
Corneille Nangaa demeure maître d’une importante partie du territoire et n’entend nullement reculer. D’ailleurs, il enregistre des adhésions innombrables des communautés ethniques et religieuses du grand Kivu, de la grande orientale, du Maniema, du Bandundu et du Katanga. Ces derniers jours, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (Fardc) ont lancé des offensives agressives contre l’Afc sans parvenir à percer les lignes défensives des troupes révolutionnaires de Nangaa.
Biden n’a pas épargné Tshisekedi

“N’oublions jamais que nous sommes au service de nos peuples, ce n’est pas l’inverse. Jamais l’inverse. L’avenir que nous voulons est un avenir pour tous nos citoyens pour exploiter leur potentiel, vivre librement, aimer librement, innover. C’est l’âme de la démocratie, elle n’appartient à aucun pays en particulier”, a souligné le président américain. Joe Biden a annoncé avoir pris une décision de renoncer à son second mandat en tant que président des États-Unis. Un choix difficile, a-t-il dit car, être président des États-Unis a été l’honneur de toute sa vie. Biden a déclaré son amour pour son pays pour se résoudre de passer le relais à une nouvelle génération. Leçon magistrale qui affecte directement le président congolais Félix Tshisekedi qui, après deux mandats d’improductivités politiques, pousse à la prolongation à travers une manœuvre de révision constitutionnelle. C’est ici que Joe Biden rappelle à son homologue dd ne jamais oublier qu’il y a des choses plus importantes que de rester au pouvoir. “Ce sont les peuples, les personnes qui comptent plus que tout. N’oublions jamais que nous sommes au service de nos peuples, ce n’est pas l’inverse. Jamais l’inverse”, a-t-il déclaré.
Joâo Lourenço : Il n’y a pas de paix sans dialogue et pas de paix sans concessions
Le président angolais et médiateur de la crise en République Démocratique du Congo a noté que le plus grand effort pour le moment est centré sur le conflit qui se développe à l’Est de la RDC, sans négliger celles qui se déroulent au Soudan et dans la région de Sahel. “Dans le cadre du processus de Luanda, un cessez-le-feu a été conclu pour l’Est de la RDC, qui est entrée en vigueur le 4 août de cette année”, a-t-il annoncé à l’Assemblée générale de l’ONU. Afin de consolider les acquis, une proposition d’accord de paix a été mise sur la table par la République d’Angola, impliquant la RDC et la République du Rwanda, dont les termes ont été discutés par les partis au niveau ministériel, dans la perspective d’aboutir à une entente entre eux qui justifiera la convocation d’un sommet pour sceller la signature de l’accord de paix définitif et le rétablissement des relations entre la RDC et le Rwanda. “Nous mettons au profit de la paix en Afrique l’expérience acquise par l’Angola à résoudre son conflit interne, qui après plusieurs décennies était définitivement résolu grâce à un dialogue inclusif entre les parties belligérantes”, a indiqué Lourenço. Et d’ajouter, “nous avons appris de notre propre conflit qu’il n’y a pas de paix sans dialogue et pas de paix sans concessions des deux côtés”. C’est un chemin qui ne peut pas être négligé dans le cadre de tous les efforts visant à résoudre les graves crises sécuritaires face au monde d’aujourd’hui. Ce discours visait à convaincre Kinshasa de renouer inévitablement avec Kigali et dialoguer avec l’Alliance Fleuve Congo.
Brique Lutandilafio
