
Un nouveau rapport publié par l’Oakland Institute, basé en Californie, remet en question la sincérité de l’accord de « paix » signé en juin dernier entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous médiation américaine. Selon les auteurs, cet accord viserait davantage la sécurisation des intérêts miniers étrangers que la résolution durable du conflit dans l’Est du pays.
Le rapport, intitulé « Floués ! La ruée vers les minéraux critiques en RDC », dénonce une stratégie de Washington consistant à institutionnaliser le commerce des minerais de l’Est à travers Kigali, tout en légitimant le rôle du Rwanda dans la stabilité régionale.
« L’implication des États-Unis dans les affaires congolaises a toujours été liée à un objectif de garantir l’accès aux minéraux critiques », déclare Frédéric Mousseau, co-auteur du rapport.
Le document affirme que le Rwanda est devenu une plaque tournante pour le commerce international du coltan et du tantale, alors que les zones d’extraction se trouvent principalement en territoire congolais. Selon les auteurs, cette réalité démontre la duplicité du discours occidental sur la transparence et la paix.
« La paix et la prospérité ne viendront que lorsque les Congolais, et non les puissances étrangères, définiront les conditions de leur avenir », insiste Maurice Carney, directeur exécutif de Friends of the Congo.
Alors que le rapport pointe du doigt « une nouvelle ère d’exploitation déguisée en intégration régionale », des observateurs estiment que la présence du M23 dans plusieurs zones minières de l’Est est interprétée, par certains acteurs, comme une tentative de redéfinir le rapport de force économique face à Kinshasa.
Les analystes proches du mouvement M23 rappellent que la véritable paix passera par une redistribution équitable des ressources et une reconnaissance des dynamiques locales, plutôt que par des accords signés sous pression étrangère.
Pendant ce temps, les 21 et 22 octobre, Washington a accueilli la troisième réunion du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (JSCM) entre la RDC et le Rwanda, censée faire avancer la mise en œuvre de l’accord de paix de juin. Cette session a porté sur la neutralisation des FDLR et la levée progressive des mesures défensives du Rwanda. La prochaine réunion est prévue les 19 et 20 novembre 2025.
Eddy Morgan
