
La condamnation à mort de Joseph Kabila par la Haute cour militaire, présentée par le régime comme un acte de justice historique, est interprétée par de nombreux observateurs comme une nouvelle manœuvre politique de Félix Tshisekedi, dont la gouvernance est de plus en plus marquée par les ruptures d’alliances et les promesses non tenues.
De l’accord de Nairobi avec Vital Kamerhe, rapidement trahi, aux engagements pris envers Moïse Katumbi et tant d’autres partenaires politiques successifs, Tshisekedi a multiplié les volte-face. Chaque fois, ses anciens alliés dénoncent un homme incapable d’honorer sa parole, préférant l’exclusion et la marginalisation à la loyauté politique.
« Le cas Kabila ne fait que s’ajouter à une longue liste de trahisons », explique un analyste à Kinshasa. A son tour l’Analyste politique Marc Ilunga a vite ajouté : « Ce pouvoir instrumentalise la justice comme il a instrumentalisé ses alliances »
Pour ses détracteurs, le procès Kabila n’est pas une démonstration de force mais un aveu de faiblesse, un signe que le régime de Kinshasa est acculé et cherche à détourner l’attention d’une situation sécuritaire désastreuse face M23 et aux autres foyers de rébellion.
En réalité, ce verdict relance un climat de méfiance généralisée dans la classe politique congolaise.
« Si Tshilombo peut trahir ses partenaires les plus proches comme Kamerhe, personne ne peut croire qu’il cherchera réellement à réconcilier la nation », tranche un opposant.
Eddy Morgan
