
Le conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) a persisté malgré les sanctions imposées par les États-Unis et les nations occidentales à l’encontre d’éléments du groupe rebelle AFC/M23. Depuis plus de trois décennies, la région subit la violence armée, la persécution ethniques profondément enracinée, l’échec de la diplomatie et l’opportunisme géopolitique avec peu d’espoir d’une paix durable.
Dans ce contexte brutal, AFC/M23 a émergé comme une force de protection pour les Congolais parlant le Shawahili et Kinyarwanda en particulier la minorité Tutsi qui ont été confrontés à des discours de haine, de division, des déplacements et des massacres incessants, orchestrés par le régime de Kinshasa. La lutte de l’AFC/M23 est motivée par la nécessité existentielle de défendre des communautés abandonnées par l’État.
Pourtant, lorsque l’AFC/M23 a libéré des villes stratégiques clés Goma le 27 janvier et Bukavu le 16 février les puissances occidentales se sont empressées d’imposer des sanctions sans prendre le temps de se demander pourquoi cette résistance existe en premier lieu.
Elles ont ignoré la vraie question : qui sont les acteurs derrière les insécurités mêmes que les forces de l’AFC/M23 se sont levées pour affronter ? Au lieu d’examiner ce que cette résistance résout réellement à savoir, la protection des communautés marginalisées et le rétablissement de la sécurité, l’Occident lui a lancé une campagne de sanctions illégales ciblant la révolution et son présumé soutien le Rwanda. Cependant, sur le terrain, la réalité est indéniable : rien ne s’est amélioré. Les affrontements continuent de déchirer la région et les pourparlers de paix restent au point mort parce que les sanctions étaient mal dirigées.
Une vague de sanctions mal dirigées

Le 20 février, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain a imposé des sanctions à Lawrence Kanyuka Kingston, porte-parole du M23, ainsi qu’à deux sociétés qui lui sont liées : Kingston Fresh (Royaume-Uni) et Kingston Holding (France).
D’autres figures de haut rang au sein du groupe, notamment Bernard Byamungu et Bertrand Bisimwa, ont également été frappées par des sanctions. L’Union Européenne a suivi le 24 février en suspendant les consultations de défense avec le Rwanda et en lançant un examen de son protocole d’accord sur les matières premières stratégiques. Une deuxième vague de sanctions n’a été bloquée que par le veto du Luxembourg.
Le Royaume-Uni, de son côté, a annoncé une pause sur certaines aides bilatérales au Rwanda, a imposé des sanctions diplomatiques et a signalé son intention de travailler avec des partenaires internationaux sur des mesures punitives plus larges y compris la suspension des futurs programmes de formation en défense.
Ces mesures ont été présentées comme des étapes vers la paix mais sur le terrain, c’est le contraire qui s’est reproduit. Les combats se poursuivent à travers le Nord et le Sud-Kivu. Les pourparlers de paix sont au point mort. La crise humanitaire s’aggrave. Ces sanctions n’ont rien fait pour changer l’équilibre des forces ou mettre fin à la violence. Ce qu’elles ont fait, c’est faire dérailler les progrès diplomatiques et faire taire les voix de ceux qui sont ciblés et exclus.
En mars dernier, l’AFC/M23 s’est formellement retirée des pourparlers de paix prévus à Luanda, en Angola. Le groupe a cité les sanctions de l’Union Européenne imposées quelques jours seulement avant le sommet comme une obstruction délibérée.
D’après L.Kanyuka, cette décision a rendu le dialogue « Impraticable » et a discrédité l’ensemble du processus.
Le M23 maintient que les mesures visant des dirigeants comme Bisimwa et d’autres, y compris des responsables rwandais et des entités affiliées, équivalent à un effort calculé pour les isoler et les délégitimer. La réalité sur le terrain et les véritables intentions
pendant ce temps, alors que la pression internationale se concentre exclusivement sur l’AFC/M23, les agresseurs tels que la coalition de l’armée congolaise qui comprend l’armée Burundaise, des Mercenaires étrangers, les milices locales Wazalendo, et les forces génocidaires continuent leurs offensives. Cela seul soulève de sérieuses questions sur les véritables intentions derrière ces sanctions.
Malgré cette formidable coalition, l’AFC/M23 continue de réaliser des avancées stratégiques. Le 21 septembre, ils ont libéré Nzibira, une ville stratégique du territoire de Walungu au Sud-Kivu, ainsi que les villages environnants, notamment Cisaza, Cibanda, Muyange, Karhuliza et Kalongo.
Ce qui est de plus en plus évident dans cette vague de sanctions, c’est qu’elles visaient moins à mettre fin au conflit qui dure depuis des décennies dans l’est de la RDC qu’à faire avancer les intérêts politiques et économiques des États-Unis et de leurs alliés occidentaux. Les mesures semblent stratégiquement destinées à apaiser Félix Tshisekedi en échange d’un accès accru aux vastes réserves de minéraux critiques de la RDC.
En s’alignant sur Félix Tshisekedi et en imposant des sanctions à ses critiques, les pays occidentaux ne favorisent pas la paix. Ils garantissent l’accès aux minéraux, contrôlent les récits régionaux et assurent leur influence sous la bannière de la diplomatie.
Le coût réel est payé par ceux qui sont sur le terrain. Les révolutionnaires de l’AFC/M23, qualifiés de rebelles, résistent en fait à un système qui continue de nier l’humanité des Tutsi congolais et d’autres minorités parlant le Kinyarwanda.
La Rédaction
