
C’est l’une des ultimes rencontres qu’organise la coordination de l’AFC/M23 avec des invités de la diaspora, vennant de toute l’Europe, les Amériques et l’Afrique afin d’adhérer au mouvement de révolution qui s’est installé à Goma depuis le 29 Janvier 2025. On ne compte plus des femmes et hommes dits « Diapora » qui laissent le confort occidental pour venir gouter aux « plaisirs » de la libération en pleine guerre. Même si les armes se sont éloignées de Goma, il ne faut pas oublier que des jeunes militaires de l’Armée Révolutionnaire du Congo (ARC) affrontent la nature et les récalcitrants sur différents fronts.
Venir auprès de Corneille Nangaa c’est entrer dans une école de correction des anciens savoirs scolaires et universitaires, pour tout apprendre sur un Congo failli qui doit (ré)devenir une terre de libre échange comme à son essence.
Un Triumvirat en face de la multitude

Le vendredi 09 Mai 2025 en face du lac Kivu dans son bleu des saisons pluvieuses, entre un soleil et le passage des nuages, la diaspora est invitée à suivre les discours de trois hommes après des questions et opinions de ceux venus de la France, de l’Italie, de la Belgique, des USA, de la Tanzanie. Le décor est bien planté que certains hauts cadres de l’AFC/M23 accompagnent cette rencontre avec du café du Kivu, du thé au gingembre ou d’un verre d’eau en bouteille fabriquée à Goma même.
Le premier qui parle à la diaspora est le coordonnateur adjoint Bertrand Bisimwa aussi président du M23 :
« La bonne nouvelle pour vous est que malgré toute négociation, la fin est le départ de monsieur Félix Tshilombo. La lutte révolutionnaire a plusieurs fronts. Même si nous avons été banni dans plusieurs médias, car Kinshasa a investi beaucoup d’argent pour que les médias, surtout francophones ne diffusent pas nos opinions, nous avons d’autres canaux que la diaspora doit appuyer ».
Bertrand Bisimwa qui est aussi le négociateur en chef à Doha au Qatar, a laissé sa place au secrétaire permanent Benjamin Bonimpa, et sait ce qu’il dit en détaillant les différents fronts d’une lutte révolutionnaire. La diaspora doit aussi communiquer de bouche à oreille et produire des vidéos pour les réseaux sociaux dans des termes simples destinés au Congolais lambda.
Le second à s’adresser aux invités de l’AFC/M23 ce vendredi 09 Mai est le deuxième coordonnateur adjoint du mouvement, le docteur Freddy Kaniki. Issu de la diaspora, il vient de passer vingt-cinq ans aux Etats-Unis d’Amérique. Professeur des universités, Freddy kaniki a dit :
« Il y a plusieurs façons de participer à l’action de l’AFC/M23. Nous devons corriger les erreurs du passé. Nous devons faire savoir à l’Etat ses obligations. Il faut bannir l’égoïsme. La diaspora doit mettre en place un cadre de communication afin de proposer des solutions aux problèmes et non rester dans des critiques. »
Pour conclure, Corneille Nangaa a encore une fois invité la diaspora à l’école de la révolution avec des maximes et éléments de langage propres à son mouvement :
« Notre fer de lance est la lutte armée. C’est notre priorité des priorités. Nous devons honorer le sacrifice de nos jeunes militaires. Le congolais n’aime pas le sacrifice. Les membres de la diaposa se sacrifient beaucoup pour leurs familles, avec l’argent envoyé après ‘’Cailloux’’. Le mouvement a aussi besoin des ressources, de l’argent, de la nourriture, des habits contre le froid. Nous luttons contre un système qui est aussi un Etat avec beaucoup d’argent. Nous devons avoir des stratégies pour communiquer avec la population. Notre cause est noble. Ne soyons pas complexés » a-t-il martelé le Coordonnateur de l’AFC/M23 avant de rajouter.
« Notre principe est le sacrifice. Nous devons obéir au code de conduite de l’AFC/M23 qui a quatre points : l’Engagement, la Détermination, le Sacrifice et la Discipline. Il nous faut bien nous organiser sur le plan politique afin de montrer que nous sommes une vraie alternative. Nous avons nommé un représentant international de la diaspora. Il y en aura par région et par pays… C’est pour le sacrifice et non pour le pouvoir »
A la fin de la rencontre, avec détermination, certains membres de la diaspora, après avoir ‘’religieusement’’ écouté les autorités de l’AFC/M23 ont décidé de prolonger leur séjour afin de lancer différents projets à Goma et d’autres se lancer dans la mobilisation pour faire adhérer les populations, leurs proches et leurs connaissances dans l’ armée révolutionnaire.
C’est comme à « l’école du savoir », chaque fois que Corneille Nangaa avec ses membres de la coordination rencontrent leurs invités.
JEAN-LEROUX NTINTA
