Félix Tshisekedi, Président Congolais, Fils d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba est politiquement comme son père. Dans le genre et dans la philosophie de la dissonance cognitive, les deux hommes posent des actes auxquels eux-mêmes ne croient pas. Le Président Félix Tshisekedi est un homme apparent qui réagit et parle selon les lieux où il se trouve, selon un public donné, selon les influences circonstancielles et la clameur publique. Il semble être éloigné du caractère principal d’un leader. Tout comme son père géniteur, la politique pèse sur lui entre la pensée et le réel comme le décrirait Platon dans son œuvre La République.
Dans une chronique du journal panafricain Jeune Afrique, publié le 29 novembre 2016, Lambert Mende Omalanga alors ministre de la communication et des médias de Joseph Kabila écrivait : « Etienne Tshisekedi est l’homme qui crée des incidents lorsqu’il veut accéder aux affaires, les crée lorsqu’il y accède… »
Tenez ; Entre le 1er novembre 1991 et 2 Avril 1997, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba avait été nommé trois fois premier ministre du Zaïre par le Maréchal Mobutu Sese Seko. Premièrement, il va, au moment de prendre ses fonctions et prêter serment, barrer dans le décret le nommant, un passage de la Constitution reconnaissant au Chef de l’État sa qualité de « Président de la République, Chef de l’État et Garant de la Nation » Le Maréchal Mobutu va le révoquer pour avoir violé la Constitution sur laquelle était justement assise sa nomination comme Premier Ministre.
Pendant trois reprises en six ans, Etienne Tshisekedi va plonger la ville de Kinshasa dans un chaos avec son opposition divisée entre elle. Tout ce temps, il joue au jeu de cache-cache avec son ami-ennemi le maréchal Mobutu Sese Seko qui, malade et alité en Suisse va quand même recevoir la visite de son ami-ennemi Etienne Tshisekedi, pour un autre deal politique qui se buttera toujours à l’inconstance politique de Tshisekedi, entré en contact avec la rébellion de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre) en 1997.

Enfin, dans sa longue vie des contradictions politiques, Etienne Tshisekedi prête serment et s’autoproclame Président de la république, chez lui, à la maison le vendredi 23 Décembre 2011, lisant la constitution de 2006. Il a mené une vie d’opposant farouche contre Joseph Kabila sur cette même constitution.
Felix Tshisekedi imite son père jusques à la transgression
Aujourd’hui, treize ans après, c’est son fils devenu président de la république de fait, selon l’ancien ministre des affaires étrangères de la France Jean-Yves le Drian par un compromis à l’africaine, dans une configuration très particulière et propre à la RDC, Félix Tshisekedi mène une guerre contre la même constitution sur la quelle lui et son père géniteur ont prêté serment. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a prêté serment pour la première fois comme chef de l’Etat le 24 Janvier 2019. Il avait juré devant Dieu et la nation défendre la constitution congolaise de 2006.

Curieusement, six ans après, tout comme son père contre la constitution le nommant premier ministre, il vient de déclarer à Kisangani le mercredi 23 octobre 2024, que la constitution sur laquelle il avait prêté serment est mauvaise, écrite à l’étranger par des étrangers.
Dire que cette Constitution était écrite à l’étranger et par des étrangers remet en même temps en question tout l’ordre constitutionnel de la RDC. Félix Tshisekedi ne doit pas oublier qu’il est le Magistrat Suprême. Chaque mot, chaque parole de sa bouche peut pourvoir une loi. Tout le monde peut blasphémer la constitution sauf lui. Par son rang et la responsabilité qu’il a sur ses épaules, il ne peut pas offenser la Constitution ni tomber dans un délit à la république sous peine de la haute trahison.
Légitimation de la révolution constitutionnelle de Corneille Nangaa

L’ancienne plateforme présidentielle Front Commun pour le Congo, le FCC de Joseph Kabila, vient de rappeler dans un communiqué publié le 27 octobre 2024 que la constitution de 2006 était écrite à Kisangani dans les installations de la mission catholique Saint Gabriel du quartier Simisimi. Le FCC donne les noms des présidents des commissions et que ce pacte républicain avait été le fruit du dialogue inter Congolais de Sun City en Afrique du Sud et les termes validés par les représentants du peuple dont Etienne Tshisekedi le père de Félix Tshisekedi.
L’un des experts de cette constitution est même conseiller à la présidence de la république en matière de sécurité, en la personne du professeur Jean-Louis ESAMBO KANGASHE qui travaillait avec ses collègues professeurs notamment, Eugene BANYAKULA LUAPE EPOTU, Bruno BIANGU KIAKESE et Auguste MAMPUYA KANUNK’A, tous congolais. Un politicien connu de la RDC le professeur constitutionnaliste Evariste Boshab devenu membre de la plate forme de Félix Thsisekedi est aussi co-auteur de la même constitution.
Rappelons qu’en prenant ses fonctions deux fois de suite, l’actuel chef de l’Etat de la RDC a prêté serment sur la même constitution, en 2019 et 2024 en ces termes :
« Moi Mr. Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO élu Président de la République Démocratique du Congo, je jure solennellement devant Dieu et la Nation de (d’):
– Observer et de défendre la Constitution et les lois de la République ;
– Maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire ;
– Sauvegarder l’unité nationale ;
– Ne me laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine ;
– Consacrer toutes mes forces à la promotion du bien commun et de la paix ;
– Remplir loyalement et en fidèle serviteur du peuple les hautes fonctions qui me sont confiées ».
En reniant ces paroles sacrées, neufs mois après prestation du serment de son second et dernier mandat, de la constitution Congolaise, écrite par des Congolais et au Congo, Félix TSHISEKEDI risquerait d’être accusé de haute trahison pour avoir violé intentionnellement la constitution, en offrant à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille NANGAA et le Général Sultane MAKENGA un argument légal de leur révolution constitutionnelle.
Le Président Congolais peut être accusé de parjure
Il étale son manque de confiance au document qui lui procure le pouvoir qu’il a. S’il ne corrige pas ces propos et s’entête à lancer l’année prochaine (comme il a récemment annoncé), sa commission sur le changement de la constitution, Il scie la branche sur laquelle il est assis. Le président de la RDC a craché sur le pacte républicain, il manque de réminiscence et son non-respect intentionnel de la constitution de 2006, mutatis mutandis le livre à la transgression.
Hugues KIFUKIBA
