Le projet de loi de finances pour 2025 prend en compte 513 députés nationaux en lieu et place des 500 reconnus par loi et connus de tous. Incroyable mais vrai. Un simple calcul renseigne qu’il se dégage une différence de 13 députés nationaux « fictifs » supplémentaires. Des « élus nationaux » dont on ne connaît ni d’Adam ni d’Eve, mais qui sont programmés pour être rémunérés par l’Etat congolais.
Ce constat vient d’être relevé par un groupe d’experts en finances publiques, réunis au sein du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL). Cette ASBL estime, en effet, que « Le paiement d’un effectif supplémentaire de 13 députés, qui équivaut à 1,5 millions de dollars l’an, est irrégulier au regard de la loi ». La question qui taraude naturellement l’esprit de toute personne en possession de ses facultés est celle de savoir : Quid de ces « 13 parlementaires inconnus de tous »?
En effet, toute personne éprise de bon sens ne peut s’empêcher de s’interroger sur leur identité : Qui sont-ils en réalité ? De quelles circonscriptions électorales proviennent-ils ? Qui sont leurs électeurs ? Comment ont-ils réussi à outrepasser les prescris de la loi au point d’en modifier une disposition numérique bien connu de tous ? Hasard ou coïncidence ? Nul ne le sait. 13 est le nombre de ces « députés nationaux suspects ». Chiffre considéré comme maudit et redouté par tous ceux qui ont quelque croyance en la superstition, le 13 fait irruption à la chambre basse du Parlement.
Vital Kamerhe appelé à faire la lumière
D’ores et déjà, le Speaker de la chambre basse du Parlement est appelé à faire toute la lumière sur le sujet. Vital Kamerhe a tout intérêt à éclairer la lanterne de l’opinion sur cette affaire qui risque de traîner dans la boue, et lui et tout son bureau. Un éclairage de la part du premier des élus nationaux permettra de taire les soupçons de mauvaise gestion des finances publiques pour l’économiste chevronné et le politique qu’il représente aux yeux de plusieurs.
Il y a quelques années en France, l’on se souvient de l’affaire Penelope Fillon ou affaire Fillon, surnommé quelques fois « Penelopegate ». Une affaire qui a porté sur des soupçons d’emplois fictifs concernant des membres de la famille de François Fillon, alors candidat en position de favori pour l’élection présidentielle en 2017. Au finish, cette affaire lui a coûté cher. Il a été battu au premier tour de l’élection présidentielle, devancé par Emmanuel Macron et Marine le Pen.
Effectifs pléthoriques, 2.548 de trop
Un autre point soulevé par le CREFDL est le pléthore dans les effectifs au sein de l’Assemblée Nationale. Se référant au Règlement intérieur de la Chambre basse du Parlement, Cette organisation révèle un excédent de 2.548 personnes payées de manière irrégulière par le Trésor public. Le constat est qu’un cabinet de sept membres emploie 2.756 collaborateurs. « Par ailleurs, les effectifs du personnel politique affecté aux cabinet du bureau restent pléthoriques », souligne CREFDL.
En effet, « l’Assemblée Nationale a maintenu dans le Projet de loi des finances le nombre de 2.756 décrié par CREFDL… qui rappelle que le Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale fixe le nombre du personnel politique affecté aux cabinets à 58, le personnel d’appoints à 70 et domestique à 80, soit un total de 208. Ceci implique que le paiement de 2.548 personnes est supplémentaires et irrégulière », martèlent ce groupe d’experts qui travaille sur le sujet des finances publiques depuis près de dix ans.
L’ASBL CREFDL salue la légère baisse de 9% dans les crédits alloués à l’Assemblée nationale dans le projet de loi de finances 2025. Dans la mesure où la performance va dans le sens de la réduction du train de vie des institutions, sujet inscrit dans le cadre de son plaidoyer. Cette organisation note aussi que, pour ce qui est des crédits alloués aux fonds spécial d’intervention de l’Assemblée Nationale, qui a aussi présenté une baisse de 7,70%, les prévisions ne sont ni sincères ni crédibles et soulèvent la question de la redevabilité du gestionnaire.
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