Les fanatiques du régime de Kinshasa avaient trop vite crié victoire en lisant les formulations du compte-rendu de la dernière réunion ministérielle entre le Rwanda et la RDC à Luanda. C’était sans avoir pénétré lucidement le fond des problématiques et contours réels du cessez-le-feu. Mardi à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement a minimisé la présence des Fdlr aux côtés du régime du président Tshisekedi.
Le compte-rendu de la cinquième réunion ministérielle du processus de Luanda traduit en sept points, trois parties et quatre volets, a été interprété selon le bon vouloir de Kinshasa en tirant des conclusions hâtives allant dans le sens d’une victoire diplomatique éclatante contre le Rwanda. Comme d’habitude, les spécialistes autoproclamés des réseaux sociaux sur la diplomatie internationale ont pullulé des contradictions victorieuses pour faire le buzz. Les lignes éditoriales des journalistes de Kinshasa avaient fini par se frotter les mains au point de tenter de perdre les commentateurs et éditorialistes motivés.
Vider les prétextes par la surenchère politique ?
En lisant avec recul ce compte-rendu qui n’est pas un accord entre les parties, l’on s’aperçoit plutôt que ledit procès-verbal parle du Cessez-le-feu, du Plan Harmonisé pour la Neutralisation des FDLR et le désengagement des forces/Levée des Mesures Défensives du Rwanda (Plan Harmonisé) ainsi que du Mécanisme de vérification Ad-hoc Renforcé, un outil de travail qu’il faut renvoyer dans sa lettre et dans son esprit. Au cours d’un briefing avec la presse de Kinshasa, le porte-parole du gouvernement Congolais, Patrick Muyaya a parlé d’une avancée très favorable à son régime :
« Depuis le début de cette crise, nous avons travaillé à débarrasser le Rwanda de tous ses faux prétextes. La question des refugiés qui avait déjà été réglée. Le discours de la haine imaginaire. La question des FDRL. Ce sont des résidus qui ne représentent véritablement pas un problème de sécurité pour le Rwanda, si ce n’est un prétexte de continuer à garder la main sur nos minerais », a-t-il affirmé. La RDC ayant été capable de faire signer le point deux dans sa proposition sur le Plan Harmonisé concernant la simultanéité et la concomitance de sa mise en œuvre est une autre victoire contre le Rwanda, estime-t-il.
Le Rwanda souligne trois ultimes préoccupations
Pour sa part, le ministre rwandais des affaires étrangères a vite recadré un journaliste Congolais correspondant de la presse internationale suite à son commentaire malencontreux indiquant qu’« en contrepartie, Kinshasa a obtenu un engagement pour la levée des mesures de défense adoptées par Kigali, c’est-à-dire le retrait d’environ 4 000 militaires rwandais déployés sur le sol congolais ». Olivier Jean Patrick Nduhungirehe, ministre rwandais des affaires étrangères a rapidement répliqué sec : « Et moi qui croyais que les fantasmes médiatiques étaient le monopole des tabloïds et autres medias à sensation ! ».

Invité spécial de la Radio Télévision Rwandaise, le ministre Olivier J.P Nduhungirehe s’est débarrassé de sa soutane de diplomate pour fixer son peuple en Kinyarwanda sur trois revendications majeures. D’abord cette crise de volonté politique en RDC. « Actuellement la solution à la crise de l’EST de la RDC n’est pas compliquée si l’on y regarde bien. Nous voulons une volonté politique et rien qu’une volonté politique du coté RDC », a-t-il souligné. Le ministre Rwandais des affaires étrangères a évoqué des exigences qui, selon les observateurs, sont le socle du processus de Luanda. Il s’agit des discours de haine à prendre au sérieux du côté du gouvernement congolais.
Ceci suppose que la RDC doit savoir assumer ses propres problèmes et non les mettre tout le temps sur le dos du Rwanda pris comme un bouc émissaire dans tous les domaines de gouvernance. Il a épinglé qu’en RDC, même le ministre des sports attribue ses faiblesses de gestion et de performance au nom du Rwanda. Le Président Congolais lui-même, à chacune de ses sorties internationales, cite le Rwanda.
A chacune de ses salutations, s’oblige de citer le Rwanda. Au sujet de la neutralisation des FDLR, Olivier J.P Nduhungirehe martèle qu’en vérité ces génocidaires sont « Même dans l’armée congolaise et le gouvernement Congolais leur fournit argent, armes et munitions ». Le plan Fdlr d’attaquer le Rwanda est devenu une idéologie. « C’est un virus qui a contaminé même les groupes armés locaux comme les Wazalendo. Non seulement il faut en finir avec les FDLR mais la question est plus vaste afin d’éradiquer ce virus, cette idéologie », soutient-il. Troisième problématique, la question des armées étrangères, des mercenaires et autre. Il explique qu’à coté des groupes armés comme les Wazalendo, le gouvernement Congolais y a ajouté des armées étrangères pour soit disant venir l’aider.
« Il y a l’armée Burundaise qui collabore avec les FDLR tout comme les forces de la SADEC. Tous ces mercenaires et forces étrangères ne viennent que mettre le l’huile sur le feu », s’est-il expliqué. C’est à partir du 26 Octobre 2024 que la facilitation aura fini d’inscrire les préoccupations du Rwanda et de la RDC.
C’est le Mécanisme de Vérification Ad-hoc Renforcé (MVA-R) dont les noms des officiers de liaison doivent déjà être connus qui dira, avec certitude, si le Rwanda dispose bel et bien de 4 000 militaires sur le sol Congolais et ou se trouvent exactement les FDLR à neutraliser. Certes que le processus de Luanda est toujours en marche mais aucune assurance d’aboutir.
