Le président Congolais a présomptueusement refusé de recevoir l’envoyé spécial de l’Union Européenne qui a achevé sa mission le jeudi 10 octobre 2024 à Kinshasa. Le rendez-vous pourtant bien programmé avait été annulé, après deux jours d’attente, sans explication officielle. Le diplomate Européen avait plutôt été conduit chez le vice-ministre des affaires étrangères et autres responsables Congolais.
Contrairement à Kinshasa, le représentant de l’Union Européenne a bénéficié d’un accueil de haut niveau de dignité diplomatique à Kigali au Rwanda où il est arrivé le même jeudi, après le raté de Kinshasa.
À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi n’avait pas supporté la nomination du diplomate Suédois en juillet 2024. Agé de 59 ans, Johan Borgstam est arrivé à son poste après l’opposition de Kigali contre un autre diplomate Belge proche de Kinshasa préalablement proposé au même poste d’envoyé spécial de l’Union Européenne pour la région des Grands-Lacs.
Le journal français, Le Monde avait relevé dans son édition du 24 Juin 2024, que la Belgique avait refusé l’agrément de l’ambassadeur Rwandais Vincent Karega, désigné par Kigali pour occuper le poste d’ambassadeur de Kigali à Bruxelles. Un diplomate belge n’aurait pas dû être présélectionné pour une fonction d’envoyé special dans la région des Grands-lacs.
Bernard Quintin, refusé par Kigali

Bruxelles avait choisit Bernard Quintin, ancien directeur Afrique du service diplomatique européen pour le poste d’envoyé spécial européen dans les Grands-Lacs. Kigali s’était aussi opposé à ce choix belge, en signe de réciprocité. L’Union Européenne avait obtempéré pour proposer le Suédois Johan Borgstam à la place du Belge Bernard Quentin.
Il est donc clair que Félix Thsisekedi qui connait la position de l’Union Européenne sur la crise de l’Est de la RDC et son conflit avec Kigali, ne voulait pas en écouter encore de trop après le point de presse du président français à la clôture du 19ème sommet de la francophonie. Le président Emmanuel Macron avait énuméré sept points essentiels pour en finir avec la crise de la RDC et le conflit avec le Rwanda :
- Un accord dans le cadre de la médiation Angolaise,
- Compter sur la diplomatie de la francophonie,
- Le retrait du M23 et les troupes Rwandaises,
- Démentellement des FDLR et tous les groupes armés en RDC,
- Arrêt des discours de haine,
- Reprise du processus politique avec le M23(AFC) et toutes les composantes politiques,
- Une approche globale pour régler le conflit de l’Est en profondeur.
Tshisekedi frustré, s’oppose aux processus de paix acquiescés par l’Union européenne
L’Union Européenne avait déjà publié un communiqué, trois mois avant la nomination de l’ambassadeur Johan Borgstam, le 04 Mars 2024, jetant son dévolu sur les processus de Luanda et de Nairobi. Elle insistait et réaffirmait ainsi son soutien à ces deux dispositifs car selon elle (l’Union Européenne), « Seule une solution politique et non militaire, peut mettre un terme à cette crise ». Un dialogue inclusif doit pour ce faire être engagé entre la RDC et le Rwanda afin de s’attaquer aux causes profondes du conflit, de manière à mettre en œuvre les décisions prises dans le cadre des initiatives de paix régionales et de garantir le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de « tous» les pays de la région. Les feuilles de route existantes doivent être mise en œuvre, les mécanismes de vérification existants doivent être réactivés.
C’est le véritable message que porte l’envoyé spécial de l’Union Européenne dans la région des Grands-Lacs. C’est en harmonie avec le président Français et même avec le Rwanda mais qui frustre Kinshasa. Le désaccord moins diplomatique de Félix Tshisekedi s’explique dans ce contexte, car il devrait se sentir encore vexé par un diplomate qui avait remplacé celui qui était de sa préférence. En attendant, c’est Kigali qui a accueilli le Suédois qui avait remplacé le choix de la Belgique.
