Par un communiqué de la Maison Blanche de ce mardi 08 octobre 2024, la visite du président américain JOE BIDEN en Angola prévue ce weekend est reportée à une date non indiquée. Le communiqué avance comme raison de ce report, la trajectoire et la force prévues de l’ouragan Milton. Le président Biden préfère rester dans son pays afin de superviser les préparatifs et la réponse à l’ouragan Milton, en plus de la réponse en cours aux impacts de l’ouragan Hélène dans le sud-est de son pays.
Le corridor ferroviaire reliant le port angolais de Lobito à la région de Lubumbashi et le Lualaba, pour évacuer le cobalt, est « un important investissement historique de
l’Amérique dans le rail africain » soutenait Joe Biden.
Le choix de l’Angola comme premier voyage de Biden et son dernier, avant les élections américaines, en Afrique en tant que président souligne l’importance de ce corridor de
Lobito pour les États-Unis dans une compétition commerciale avec la Chine. Cette visite annoncée du 13 au 15 octobre, devant intervenir quelques semaines
seulement avant la fin de son mandat, serait centrée sur un vaste projet multinational visant à réhabiliter un chemin de fer de 1.300 kilomètres reliera ainsi l’intérieur de la
RDC à Lobito, port maritime atlantique de l’Angola.
Le projet du corridor de Lobito, dont les travaux devraient débuter début 2026, transportera des ressources essentielles à l’économie mondiale, notamment le cuivre et le cobalt, depuis les mines de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Zambie jusqu’au port de Lobito pour l’exportation vers les USA.

Depuis l’élection de Lourenço à la présidence en 2017, les relations entre les États-Unis et l’Angola se sont considérablement améliorées, a déclaré Dr Alex Vines OBE, directeur du programme Afrique au Chatham house. Il s’agit d’un revirement par rapport aux années de guerre froide, lorsque Washington acheminait une aide secrète à l’UNITA. Le Chatham house ou Royal Institute of International Affairs de Londres, fondé en 1920
est spécialisé dans des grandes réflexions internationales. Ses conclussions sur l’Angola en rapport avec la RDC montrent combien le voyage de Joe Biden était très
attendu. L’assurance croissante de l’Angola se manifeste également dans sa médiation visant à mettre fin au conflit dans la région du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, où les rebelles de l’AFC combattent les forces gouvernementales depuis fin 2021 pour fraudes électorales massives en 2023, mauvaise gouvernance, tribalisme, détournements de deniers publiques, crimes d’Etat, abus de droit de l’homme, massacres/tueries, oppression des opposants et journalistes et pour des questions identitaires.
Pour les Américains, il faut stabiliser la RDC afin que les échanges commerciaux via le corridor de Lobito soient rassurants. Le couac diplomatique à l’OIF lors du sommet de l’OIF, le président Félix Tshisekedi n’a pas apprécié que le président français omette le conflit de l’Est de la RDC dans son discours d’ouverture. C’est dans ce contexte que, samedi 5 octobre, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, a accusé la RDC d’avoir fait capoter les discussions de paix de Luanda. Apres ces incidents diplomatiques lors du sommet de la Francophonie, les observateurs se posent les questions sur les vraies raisons du « report » de la visite du
président Biden en Angola. Le président français ayant vidé le contenu de ce qui peut être l’agenda de Joe Biden sur la crise en RDC dans la facilitation Angolaise, il ne reste que aux antagonistes se savoir éradiquer les FDLR et tous les groupes armés de la RDC.
Relancer le dialogue avec l’AFC et les autres composantes politiques. Stopper avec les discours de haine et en finir avec les causes profondes se la RDC. Emmanuel Macron a dit ce que le président Joe Biden devrait dire. La diplomatie américaine est aussi française dans certains contextes précis
des intérêts globaux.
Hugues KIFUKIBA
