L’Antillais-Algérien Frantz Fanon, qui avait rencontré Patrice-Emery Lumumba en 1958 à Accra au Ghana, avait précocement compris que le développent de l’Afrique partira du Congo-Belge. Son image de l’Afrique en forme d’un revolver dont le Congo en est la gâchette, est une vérité prophétique dont les conséquences sont palpables aujourd’hui sur le continent.
La République Démocratique du Congo est une puissance étouffée. Elle est une puissance en électricité, en foret, en protection de l’environnement, en cultures, dans les arts, en patrimoines universels, en tourisme, en minerais stratégiques, en économie, en nucléaire, en agriculture en infrastructures….mais elle présente l’image d’une œuvre précieuse abandonnée.
De la puissance agricole

D’après le bulletin agricole du Congo-Belge et du Ruanda-Urundi de 1956 et selon les statisticiens SABITI de l’Institut Supérieur des Statistiques et de l’Université Catholique
de Louvain, avant 1960 le Congo exportait en moyenne : 25% de son maïs, 54% de son riz,16% du manioc frais, 23% de son arachide,16% de la banane…en titre d’exemple. Le reste de sa production agricole était destiné au commerce intérieur pour la
consommation. Les produits agricoles en vue étaient des céréales (froment, maïs, riz…) des tubercules (pommes de terre, patates douces, manioc frais…) les oléagineux(arachides, soja,
sésame, tournesol, palmier…) les fruits. Les autres produits agricoles qui ont fait la grâce du Congo-Belge sont les pois, les haricots, la canne à sucre, le tabac, le café, le thé, le cacao, le caoutchouc, le quinquina, le sorgho, le pyrèthre …
Aujourd’hui la RDC peine à réaliser le 1/10 de ces produits très prisés dans la région des Grands-Lacs. Du cheptel bovin placé au milieu des peuples éleveurs et consommateurs de la bonne viande, la RDC de l’Afrique Centrale, de l’Afrique Australe, de l’Afrique de l’Est cumule des manques à gagner énormes, perdant sa force de la gâchette du revolver de Frantz Fanon. A la veille de l’indépendance, le seul district de l’Ituri, aujourd’hui province, possédait un cheptel bovin de 600.000 tètes sur un potentiel pastoral national de 40.000.000 (quarante millions) de bovins. Le mémoire de fin de cycle de Aimé BYENSI de l’Université de Bunia, explique la chute de l’élevage de la RDC oû on serait seulement, à un peu plus près de 2.5% du potentiel national.
Des infrastructures routières

La vie économique en RDC repose sur les infrastructures routières. Depuis 1898, le Roi Léopold II voulait désenclaver les provinces du pays mais, essentiellement pour des
raisons d’exportation minière. Les routes nationales, routes provinciales et celles d’intérêt général, en particulier communautaire font défaut. La grande partie de neufs voisins directs de la RDC ont réussi à construire leurs routes nationales amenant le macadam jusques aux frontières comme, Uvira, Bukavu, Goma, Bunagana, Kasindi, Kamango. En RDC, sur les 153.209 km du réseau routier,58.509 km sont des routes
d’intérêt général. Le reste est placé sous la gestion de l’office de routes dont environ 3000 km posent problème. La cellule infrastructures met un accent particulier sur trois
principaux corridors de transport : Ouest/Nord-Est, Nord-Sud et Ouest/Sud-Est. 15.836 km seraient ultra-prioritaire pour la relance économique de la RDC.
Avec ce tableau, la RDC empêche les autres pays d’évoluer car c’est elle qui est le tremplin du développement en Afrique par sa position stratégique et son destin de puissance multisectorielle. Sa vocation de 1882 faisant de son espace l’Association
Internationale du Congo (AIC) puis Association Internationale pour la Civilisation de l’Afrique(AIA), oblige la RDC à avoir un leadership responsable à la tète du pouvoir politique. Le 17 Janvier 2018, un pasteur de l’église protestante du Congo, avait interpelé dans des termes durs les responsables politiques du pays, après description, surtout, des infrastructures routières : « j’ai l’impression que l’Etat n’existe plus » avait-il martelé.
C’est donc vraisemblable d’affirmer que la réfondation de la RDC se fera grâce à l’agriculture et les infrastructures afin de faire décoller les autres pays africains.
Jean-Leroux NTITA
