Les affrontements armés incontrôlés en zones peuplées de Mugunga, Rusayo, Sake basse et Nyiragongo entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (Fardc), les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Wazalendo (patriotes en swahili), groupe de combattants autochtones irréguliers composé de groupes rebels alliés aux FARDC, affectent considérablement les populations civiles de la ville volcanique de Goma.
Depuis 48 heures, les habitants de Goma vivent dans le traumatisme du fait des combats ébouriffés entres toutes les forces de coalition qui soutiennent le président Félix Tshisekedi.
Se réveiller sain et sauf dans la ville de Goma relève désormais d’un miracle. Tous les soirs, les habitants de la ville volcanique se posent une question: “allons-nous mourrir ou survivre aux dangers de la nuit”. Monsieur Angali KIJANA habitant du quartier Mabanga sud s’est dit étonné de constater que depuis quelques jours, l’armée gouvernementale a changé de mission: “il est contrastant de constater que nos forces armées ont cessé de se battre contre l’AFC pour retourner leurs canons contre les FDLR et les Wazalendo. Nous nous posons la question de savoir si les Fardc ont décidé de faire la paix avec l’AFC de Corneille NANGAA”, s’est-il interrogé. Jusqu’à présent, le gouvernement congolais observe un grand silence face à cet imbroglio sécuritaire qui ne cesse d’inquiéter les habitants de la ville. Pendant ce temps, l’AFC n’a ni réagi ni bougé de ses positions et le Rwanda est constamment en alerte maximale.
Députés de l’Est embarrassés
Suite aux violences vécues mercredi et jeudi tout autour de la ville de Goma et surtout dans les camps des déplacés à la suite des affrontements entre les FARDC – FDLR et Wazalendo, le caucus des députés du Nord Kivu a accusé le commandement des FARDC de jouer le jeu de l’ennemi et de vouloir affaiblir les jeunes résistants dits Wazalendo. Les députés du Nord Kivu ont exigé l’interpellation du commandant des opérations et l’arrestation immédiate des éléments FARDC responsables de ces attaques ignobles. Dans la foulée, le général Papy des FARDC qui a attaqué les positions des Wazalendo avec comme intention, soupçonne-t-on, de donner passage à l’AFC, est rappelé par la justice militaire. Pour la première fois, un Tshisekediste a avoué haut et fort que dans les zones contrôlées par l’Alliance Fleuve Congo (AFC), il n’a été signalé aucun crime ni un quelconque acte répréhensible à l’égard des populations civiles. “C’est ce qui justifie le retour massif des déplacés de guerre dans la région et la popularité extraordinaire de CORNEILLE NANGAA et SULTANI MAKENGA, les deux personnalités qui dirigent politiquement et militairement le mouvement revolutionnaire”, explique un enseignant de Rutshuru.
À ce sujet, le député Prince Willy Mishiki indique que “depuis les dernières élections de décembre 2023, Félix Tshisekedi n’a récupéré aucune agglomération aux mains de Corneille Nangaa”. Il déclare que l’entité la mieux sécurisée est celle contrôlée par l’AFC. De ce point de vue, l’état de siège est un échec, assure-t-il. Dans son coup de gueule, le député de l’Union Sacrée exprime ses craintes de voir les membres de l’opposition armée (AFC) devenir plus crédibles aux yeux de la population par rapport aux officiels du gouvernement Tshisekedi.

Une ville poudrière, prise en tenaille
La ville est dominée par des occupants militaires. D’abord des Fardc catégorisées en groupuscules hétéroclites qui composent les anciens militaires, les nouveaux soldats recrutés sous Félix Tshisekedi et des éléments de la milice Force du Progrès de l’UDPS habillés en tenue militaire. La deuxième catégorie est celle formée des policiers déployés en désordre dans la ville et qui n’ont rien à manger. Ils proviennent des autres provinces du pays et, comme leurs camarades militaires, ne disposent d’aucune maîtrise du territoire. La troisième catégorie est celle des troupes burundaises constituées des soldats Hutu rwandais Fdlr et des soldats de l’armée régulière burundaise.
La quatrième catégorie est celle des FDLR entretenues par le président congolais Félix TSHISEKEDI. Ils sont éparpillés dans toutes les unités combattantes des FARDC et servent de soutien aux groupes armés dits d’autodéfense locale. S’y ajoute un cinquième groupe dénommé Wazalendo qui est un fourre-tout d’éléments armés indisciplinés appartenant aux milices locales. On les a surnommé “Wazalendo”. Le sixième groupe est celui de la SADC qui collabore avec les forces de la Monusco. Une véritable poudrière qui justifie une insécurité jamais soulagée et qui dure depuis 30 ans. Depuis 1993 jusqu’à ce jour, les populations du Nord-Kivu traversent un véritable calvaire lié à l’insécurité tentaculaire à tous les niveaux. L’Alliance Fleuve Congo se propose d’endiguer durablement tous ces phénomènes qui ne cessent d’endeuiller la RDC.
Son cahier des charges a été déposé auprès de Joâo LOURENÇO. Depuis lors, TSHISEKEDI a bloqué tout dialogue.
Brique Lutandilafio
