Le discours non conciliant de Félix Tshisekedi à l’Assemblée générale de l’ONU ce mercredi 25 septembre 2024 sonne comme une véritable déclaration de guerre. Un journaliste canadien d’origine congolaise considère que Félix Tshisekedi souffle le chaud et le froid, voulant à la fois d’une chose et son contraire. Autant il tacle Paul Kagame l’accusant de soutenir Corneille Nangaa, autant il dédaigne le processus de Luanda piloté par son homologue Joâo Lourenço d’Angola. Une attitude mi-figue mi-raisin qui n’a pas convaincu ses partenaires de la communauté internationale tout au long de la grande messe de l’ONU.
Le message du président Tshisekedi n’a résolu aucun problème ni suggéré aucune solution plausible à la crise qui secoue son pays. Il ne cesse d’égratigner Paul Kagame, tout en affirmant sa disposition à poursuivre le processus de haut niveau de Luanda avec le Rwanda. “Cette agression constitue une violation majeure de notre souveraineté nationale. Nous appelons la communauté internationale à condamner fermement ces actes et à imposer des sanctions ciblées contre le Rwanda pour son rôle déstabilisateur”, a vitupéré Félix Tshisekedi. Le président congolais a renoué avec ses vieilles habitudes consistant à tout justifier au nom de son homologue Paul Kagame. Tshisekedi exige urbi et orbi le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises qu’il soupçonne toujours d’être présentes en République Démocratique du Congo. Bien que les récentes initiatives diplomatiques, telles que les pourparlers de Luanda, soient encourageantes, elles ne doivent aucunement occulter l’urgence de cette action essentielle, souligne Tshisekedi.

Tshisekedi, toujours provocateur
Dans ses dires devant les membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, Félix Tshisekedi s’est engagé à établir une paix durable dans l’Est du pays et à promouvoir le développement économique ainsi que le bien-être social des communautés meurtries par le conflit armé, non sans orienter de nouvelles attaques à l’endroit de son homologue rwandais.
Dans cette optique, il a prétendu s’engager dans la mise en œuvre de la feuille de route adoptée dans le cadre du processus de Luanda, qui promeut un dialogue de haut niveau visant à restaurer la confiance entre la République Démocratiqu du Congo et le Rwanda, tout en minimisant le risque que la crise sécuritaire actuelle ne dégénère en conflit régional. S’abstenant volontairement de citer la nouvelle plateforme politico-militaire AFC au sein de laquelle le M23 a adhéré, Tshisekedi a épinglé la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo comme particulièrement préoccupante, mentionnant 7 millions de déplacés internes du fait de la guerre.
Nangaa a mis une croix sur Tshisekedi
Si le gouvernement de Kinshasa réaffirme très légèrement sa ferme volonté de garantir une paix durable avec notamment la poursuite de la mise en œuvre du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation, le P-DDRCS, Corneille Nangaa semble ne jamais prêter oreille aux extravagances de Tshisekedi. Dans une vidéo publiée il y a quelques jours, le Coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo inspectait quelques chantiers de reconstruction de la route dans le territoire de Rutshuru. Une façon d’émettre un message clair à son adversaire selon lequel, “il n’est nullement concerné par les tractations aux couleurs de Félix Tshisekedi”.
Si Tshisekedi était intelligent, il traiterait avec Nangaa
Pour un journaliste anonyme d’origine congolaise évoluant au Canada, “la meilleure option pour Tshisekedi consisterait à contenir son égo en négociant avant tout avec Corneille Nangaa”, a-t-il analysé. Car, ajoute-t-il. “conclure un accord avec Paul Kagame seul ne stabilisera pas solidement la région”. Étant entendu, explique-t-il, “s’il est prouvé que Corneille Nangaa bénéficie du soutien de Kigali, il est donc le mieux placé pour discuter et convaincre Kagame sur un plan global de sortie de crise”.
Brique Lutandilafio
