L’armement des civils affiliés au parti présidentiel, UDPS, sous le nom de “Forces du progrès”, une milice rebelle comparable aux FDLR, alarme les congolais et renforce l’inquiétude d’une accentuation inattendue de l’insécurité en République Démocratique du Congo. La milice présidentielle dénoncée comme un dispositif tsunamique, pose les bases d’une guerre civile interne et d’un conflit régional à grande échelle.
La RDC évolue vers une dérive sécuritaire incontrôlable et une perspective de déstabilisation inquiétante. Un faux sous-lieutenant des Forces Armées de de République Démocratique du Congo (FARDC) appréhendé par la police à Kinshasa, a fini par avouer l’origine de l’uniforme qu’il portait: “Cette tenue m’a été dotée par Monsieur Augustin Kabuya, Secrétaire général de l’UDPS, parti présidentiel”, a-t-il affirmé.
Tout au long de son interrogatoire filmé, le militant politique a laissé entendre que son groupe est constitué de 300 individus déployés dans la commune de Maluku, à une dizaine de kilomètres de l’aéroport international de Nd’jili. Ce phénomène n’est pas nouveaux en RDC. Depuis son investiture à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi s’est constitué des milices disparates dans le pays.
Le Secrétaire général de l’UDPS avait été le premier à indiquer que son parti allait faire recours aux armes pour “Protéger le pouvoir”. Propos relayés dans la même année 2020 par un autre combattant (militant) de l’UDPS, Fils Mukoko. Depuis, des malabars ont été mobilisés, entraînés à tuer et déployés dans tout le pays.

Tous se réclament du “Pouvoir”. On les retrouve très visiblement à Kinshasa, Goma, Matadi, Lubumbashi et Kolwezi sous l’identité de “Forces du Progrès de l’UDPS”, à Kasumbalesa sous le nom de “Base Bilanga” et dans l’Est de la RDC sous la dénomination de “Wazalendo”.
Manifestations, Guerre civile et révolution constitutionnelle
L’intégration de milices civiles, combinée à des alliances avec des groupes armés étrangers, affaiblit l’autorité de l’État et menace l’unité nationale. L’analyste politique Pitchou Zonga craint que cette tentative manifeste de Félix Tshisekedi de consolider un pouvoir au mépris des principes démocratiques, n’expose le pays à une guerre civile.
D’où son appel à la réorganisation cohérente de l’opposition non armée et au soutien à la révolution constitutionnelle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). “Face à cette dérive, l’AFC (Alliance Fleuve Congo), dirigée par Corneille Nangaa, est perçue comme l’une des seules alternatives crédibles pour stopper la consolidation forcée du pouvoir autocratique de Tshisekedi”, pense Dr Zonga.
Il insiste en outre sur la nécessité pour l’opposition non armée de se restructurer et harmoniser son agenda de lutte pour affiner les objectifs de son union.
“Il est impératif que l’opposition non armée se réorganise sur des bases solides et concilie ses objectifs. Les intérêts personnels de certains acteurs au sein de l’opposition justifient en partie l’incrédulité de la population dans leurs actions. Une telle situation ne peut que fragiliser la crédibilité et la capacité de l’opposition à défier le pouvoir en place”, souligne-t-il.
Cette réorganisation, combinée à un cahier des charges clair et un commandement unifié, qui pourrait non seulement renforcer leur capacité, mais aussi offrir à l’opposition une alternative cohérente et structurée face à Tshisekedi, pour stopper la dérive dictatoriale.
Pour Dr Zonga; “L’avenir de la RDC et la stabilité de la région des Grands Lacs reposent sur la capacité de l’opposition congolaise à s’imposer comme une force unifiée, compacte et résolue. Si rien n’est fait, Tshisekedi risque de transformer la RDC en une nouvelle Haïti, où règnent violence et anarchie. Seule une mobilisation nationale autour d’une alternative solide peut empêcher cette catastrophe”.
Jean Placide Assumani
