Comment le parti présidentiel congolais s’est-il bâti une réputation dans le mensonge jusqu’à gagner son accession au pouvoir ? Stratégie de falsification de la vérité qui a fonctionné au fil des temps au point de traverser des décennies et tous les régimes politiques du pays. Si hier le mensonge politique de l’Udps était un outil de mobilisation en vue de la conquête du pouvoir, sa mutation en mensonge d’État a du mal à se frayer du chemin.
L’assistant scientifique Aristote Ngarime a recensé plus de 250 promesses non tenues du président Félix Tshisekedi en cinq années de gouvernance de la République Démocratique du Congo. Promesses durant son combat dans l’opposition contre les régimes de Mobutu, de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila Kabange. Promesses également pendant sa première campagne électorale de 2018 et promesses enfin en plein exercice du pouvoir. D’après l’analyste politique Ernest Bambi, « l’Udps a toujours manipulé le mensonge politique pour exister, gouverner, se justifier ». Afficher un ton critique très élevé envers ses adversaires politiques pour gagner l’adhésion populaire et livrer en pâture tous ses concurrents.
Astuce qui a propulsé Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, Père biologique de Félix Tshisekedi. À chacune de ses sorties de combat contre le Maréchal Mobutu, Tshisekedi-père savait critiquer, affronter et désobéir aux dirigeants. L’école a fait son chemin de gloire pataugeant dans des excréments de mensonges jusqu’à noircir tous ses adversaires politiques. Mobutu fut banni de toute l’opinion zaïroise et les Kabila totalement vomis.
Lorsque le mensonge accède au pouvoir
La passation des pouvoirs entre Joseph Kabila Kabange et Félix Tshisekedi en janvier 2019 a été diversement commentée . Majorité et opposition de l’époque avaient contesté la victoire de Tshisekedi affirmant que son score électoral avait été largement et intentionnellement falsifié. Depuis, le régime UDPS a réussi a créer un monde virtuel (irréel) de gouverner par des fabulations et mystifications de leur cause, entraînant un bon nombre de citoyens dans cette « maladie du mensonge politique » qui met la société en péril. Comme l’écrit Alain Etchegoyen dans « La démocratie malade du mensonge », l’école d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba n’a pas relâché.
Créé dans les dissimulations et les duplicités
Selon François Lusanga Ngiele, l’un des treize parlementaires fondateurs de l’Union pour la démocratie et le Progrès social (UDPS) le 15 février 1982, après le discours du maréchal Mobutu le 24 avril 1990, c’est plutôt Frédéric Kibasa Maliba qui était élu président de l’Udps, secondé par Ngalula Mpandanjila, Marcel Lihau et Vincent Mbwakiem, chacun d’eux représentant les quatre zones linguistiques de la Rdc.
C’est par stratagèmes et mensonges politiques que Etienne Tshisekedi s’était approprié le parti durant toute la période de la Conférence nationale Souveraine et même après. François Lusanga Ngiele racontait l’histoire en 1997 quand Mzee Laurent Désiré Kabila avait fait de Fréderic Kibasa Maliba son ministre des mines.
Depuis lors, c’est par mensonges officieux, joyeux et pernicieux que ce parti politique existe. Ensuite, l’UDPS a créé des « parlementaires debout », ces jeunes aptes à toutes les attaques et qui ont vieillis désœuvrés dans les affabulations politiques, les commérages et les mystifications. Ils inventeront des épithètes, des mots et des génériques acerbes, selon leurs fantasmes. Le Maréchal Mobutu avec qui ils ont pourtant créé le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), fut crucifié, lapidé médiatiquement et diplomatiquement.
Caricaturer Joseph Kabila
Entre 1998 et 2002, à partir de l’Afrique du Sud, des USA et de l’Europe, l’UDPS et certains Mobutistes ont créé une fausse biographie du président Joseph Kabila. Ils lui ont inventé un faux nom à partir des faits mal maitrisés et une nationalité Rwandaise imaginaire. Des jeunes sbires comme Francis Kalombo ou Fréderic Kitenge Kikumba, afin de créditer leur thèse, ont animé des émissions radiotélévisées avec le représentant de l’UDPS en Afrique du Sud de l’époque, avant d’étendre leur campagne en Europe, avec le Docteur François Tshimpamba Mpuila.
Tromper un peuple politiquement inculte

Mythomanie qui a pris de l’ampleur que le monde irréel qu’ils ont créé a fini par acquérir une certaine forme de réalité en RDC. Ce parti de l’opposition avait fait croire au peuple zaïrois (Congolais) qu’il est le seul parti politique le mieux organisé, capable de diriger le Congo. L’église catholique est tombée dans le piège de ce truandage politique, suivi plus tard de l’église protestante, des différentes branches de la société civile motivée, des groupes de pression et mouvements citoyens sponsorisés de l’étranger jusqu’à gagner une bonne partie de la population Congolaise.
Inaptitudes de gouvernance au pouvoir
Arrivée au pouvoir, l’UDPS a été vite confrontée au « realpolitik ». Le président Félix Tshisekedi s’affronte aux différentes crises de son pays : manque de bonne gouvernance, absence de l’état sur l’étendue du territoire national, détournements des fonds de l’état, l’insécurité urbaine généralisée, l’économie délabrée… et surtout la guerre dans l’Est du pays. La population est excédée !
Depuis le 25 janvier 2019, le chef de l’Etat Congolais a délivré des centaines de promesses non tenues.
Son régime est caractérisé par le populisme, le népotisme, le charme des populations, des décisions et allocutions radicales contre le Rwanda et une propagande à outrance.
Le 23 Octobre 2020, conscient que sa gouvernance devient exécrable avec la déflagration de la cohabitation Fcc-Cach entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi deux ans après, les divergences persistantes vont plomber les ailes de l’espoir de l’envol vers le développement affirme Félix Tshisekedi.

Gouverner sur base des boucs émissaires
La faute, ce sont les autres, distillent les adeptes du régime congolais. Apres avoir coupé toute collaboration avec le FCC ( Front Commun pour le Congoy), le régime de Tshisekedi a prêté toutes ses infirmités de gouvernance à son prédécesseur Joseph Kabila. C’est lui qui bloquait la bonne marche du pays. Un autre mensonge politique surmédiatisé que certains ont cru identifier les véritables goulots d’étranglement obligeant un changement de majorité parlementaire avec la création de l’Union Sacrée pour la Nation.
Corneille Nangaa, Paul Kagame et la Constitution bloquent Tshisekedi
La guerre de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) est la nouvelle branche justificative du régime de Félix Tshisekedi. Kinshasa articule une campagne politique très audacieuse sur le label Rwanda, stigmatisant la rébellion de l’AFC et ses leaders. Le parti au pouvoir à Kinshasa usera de cinq plans (fronts) stratégiques, déclinés par le ministre congolais de la communication et medias. La tactique est de faire mentir involontairement les militants politiques du régime afin de maintenir le peuple dans la confusion. La Première Ministre a dit « involontairement » vendredi à Bruxelles que le Rwanda a accepté, pour la première fois, de retirer ses 4000 militaires du sol congolais.
Au même moment dans un autre forum à Genève, c’est le professeur André Mbata, président de la commission Politique Administrative judiciaire de l’assemblée nationale, et haut cadre du parti présidentiel qui déclarait que le Rwanda compterait 20.000 militaires sur le sol congolais.
La réplique polie du ministre Rwandais des affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, s’adressant à la Première Ministre Congolaise, n’a pas tardé. « Avec tout le respect que je dois à S.E Mme la Première Ministre, ses ministres lui ont fournie une informations incorrectes. Le Rwanda n’a jamais, à Luanda ou ailleurs, accepté de présenter un plan de retrait pour plus de 4000 militaires ( SIC) ».
Pour soigner une mythomanie politique, il faut une psychothérapie militaire révolutionnaire. Une révolution robuste pour le changement du régime. Les acteurs du régime Tshisekedi aiment s’accrocher à ce fantasme de mentir par la « surmédiatisation » de leurs fantasmes. La pathologie aux émotions négatives que montre le président Félix Tshisekedi, en parlant de la guerre de l’Est, de l’AFC de Corneille Nangaa et surtout du Rwanda de Paul Kagame est incurable.
