La dernière visite du Président Félix Antoine Tshisekedi à Paris, lors de l’Assemblée de la Francophonie, a révélé des réalités troublantes. Le fait que la France n’ait même pas reconnu l’existence de la guerre en République Démocratique du Congo (RDC) et que le Président Emmanuel Macron ait décidé de passer ce sujet sous silence en dit long sur la position ambivalente de la France vis-à-vis de la situation en RDC. Face à cette attitude, une question essentielle se pose : Quelle leçon devons-nous en tirer ?
La RDC est le plus grand pays francophone au monde, à la fois par sa population et par son potentiel économique. Pourtant, ce poids démographique et culturel ne semble pas suffisant pour que la France prenne au sérieux les enjeux sécuritaires auxquels le pays fait face. L’absence de reconnaissance des conflits en cours dans l’est de la RDC et du rôle du Rwanda dans cette déstabilisation témoigne d’une hypocrisie persistante dans la diplomatie française, qui semble privilégier ses intérêts stratégiques en soutenant tacitement certains acteurs régionaux.
La Position de la France : Un Soutien Implicite au Rwanda
Depuis des décennies, la France est accusée d’avoir une relation ambiguë avec le Rwanda, malgré les preuves de l’implication de ce dernier dans la déstabilisation de l’est de la RDC. Le soutien militaire et diplomatique apporté au régime de Kigali a permis au Rwanda de maintenir une influence régionale, souvent au détriment de la souveraineté de la RDC. Ce soutien est perçu comme une trahison par le peuple congolais, qui voit dans cette attitude française une continuité de l’exploitation de ses ressources et de son instabilité.
La France, en fermant les yeux sur l’implication rwandaise dans le pillage des ressources naturelles de la RDC et dans les conflits récurrents, a privilégié une approche de stabilité régionale à court terme au détriment de la justice et de la paix durable en RDC. Cette situation est d’autant plus problématique que la RDC joue un rôle clé au sein de la Francophonie, mais n’en reçoit pas les bénéfices escomptés en termes de solidarité et de coopération internationale.
L’heure de la Prise de Conscience : Faut-il Quitter la Francophonie ?
La question de la pertinence de la Francophonie pour la RDC mérite aujourd’hui d’être posée. Si cette organisation devait incarner une solidarité entre les pays partageant une langue commune, elle semble s’être transformée en un outil au service des anciennes puissances coloniales, sans réelle prise en compte des intérêts des pays africains francophones. En restant silencieuse face à l’agression que subit la RDC, la France et, par extension, la Francophonie, démontrent une incapacité à agir en faveur de la justice et du respect des droits des peuples.
Le moment est peut-être venu pour la RDC de reconsidérer sa place au sein de la Francophonie. Faut-il continuer à soutenir une organisation qui ne prend pas en compte les préoccupations vitales de ses membres, notamment sur le plan de la paix et de la sécurité ? Il est essentiel de réfléchir à une nouvelle approche, soit en redéfinissant les objectifs de la Francophonie, soit en envisageant une voie indépendante qui mettrait davantage en valeur les intérêts nationaux de la RDC.
La leçon à tirer : Dire les choses claires et agir

L’heure est venue de dire les choses clairement. La France n’a pas su se défaire de son hypocrisie diplomatique en continuant de soutenir, d’une manière ou d’une autre, le Rwanda et son rôle dans les conflits régionaux. Pour la RDC, il est impératif de mettre fin à cette complaisance, de demander des comptes à ses partenaires internationaux, et d’exiger que la paix dans la région des Grands Lacs soit une priorité pour toute coopération bilatérale ou multilatérale.
La RDC, en tant que nation souveraine, doit désormais prendre son destin en main en développant des partenariats avec des pays et des organisations qui respectent ses intérêts et ses aspirations à la paix et à la stabilité. L’engagement dans des actions diplomatiques audacieuses, telles que des plaidoyers pour la reconnaissance internationale des conflits à l’est du pays et des appels à des sanctions contre ceux qui alimentent l’instabilité, est indispensable.
Une Nouvelle Voie pour la RDC
En conclusion, la visite du Président Tshisekedi à Paris révèle un manque de considération pour les souffrances du peuple congolais de la part de la France. Ce silence face aux conflits en RDC est une trahison de la solidarité que la Francophonie est censée représenter. La RDC doit désormais envisager une réorientation stratégique de sa diplomatie, en valorisant ses relations avec des partenaires qui soutiennent réellement ses efforts de paix et de développement.
La sortie éventuelle de la Francophonie ou, à tout le moins, un repositionnement critique au sein de cette organisation, pourrait être une étape vers une autonomie diplomatique accrue et une affirmation de la souveraineté nationale de la RDC dans un monde multipolaire. Le pays a les ressources humaines et naturelles nécessaires pour jouer un rôle clé sur la scène internationale, à condition de ne plus se laisser marginaliser par des puissances qui ne servent pas ses intérêts.
DYCOD
