
Un bombardement mené par des drones a visé, ce mercredi 11 mars vers 4 heures du matin, un quartier résidentiel de Goma, capitale du Nord-Kivu. La frappe a touché la résidence de Monsieur Pascal de nationalité belge, responsable de la concession Toyota à Goma, située à quelques centaines de mètres de la maison de l’ancienne première dame Olive LEMBE et à moins de 200 mètres d’une base logistique de la MONUSCO (Mission de l’ONU en RDC).
La maison ciblée par des drones est une résidence de Félix Tshisekedi où il séjournait lors de ses différents passages à Goma, ce qui laisserait croire à Kinshasa que des hauts cadres de l’AFC-M23 y habitent. Selon des témoins sur place, le premier drone est tombé dans le lac non loin du Gouvernorat de la province du Nord Kivu, tandis qu’un second a atteint des logements occupés par des agents de l’Union européenne et des Nations unies.
Outre des dégâts matériels importants, le bilan provisoire fait état de trois morts. Parmi eux, Madame Karine BUISSET, humanitaire de l’UNICEF de nationalité française, touchée par ces bombardements et a succombé sur place.
Cet événement choque la population et soulève des interrogations sur les responsabilités de Kinshasa, accusée de bombarder désormais des zones densément peuplées en ciblant la population civile.
La base logistique de la MONUSCO était-elle la véritable cible ?
En analysant la situation, certains témoignages estiment que l’attaque traduit un durcissement de la politique du régime de Kinshasa, désormais prêt à s’en prendre aux infrastructures protégées par le droit international humanitaire.
Le fait qu’une résidence appartenant à un civil ressortissant belge ait été touchée tandis qu’un ressortissant français a été tué suscite l’indignation et interroge sur le respect des efforts internationaux visant à restaurer la paix.
Cette opération paraît également marquer une escalade ciblant la population civile. En frappant en pleine ville, les autorités de Kinshasa donnent l’impression de vouloir terroriser les civils se trouvant dans des zones sous contrôle de l’AFC-M23.

La stratégie de Kinshasa s’intensifie désormais en zone urbaine tant au Nord qu’au Sud Kivu, en ciblant les populations civiles, le gouvernement de Kinshasa continue de saper les efforts du processus de paix de Doha, surtout les mécanismes de cessez-le-feu dont il est signataire.
Par ailleurs, certains observateurs croient que Kinshasa profite de l’attention internationale focalisée sur le conflit au Moyen-Orient qui oppose les Etats-Unis d’Amérique/ Israël et l’Iran pour commettre des exactions contre les civils sans être rapidement sanctionner ni interpeller.
Incapable de l’emporter par des offensives terrestres, le gouvernement recourt aux frappes par drones, une tactique déjà utilisée en 2021–2022 par le gouvernement Éthiopien.
Toutefois, l’Est de la République Démocratique du Congo présente un terrain très différent des déserts de l’Ethiopie, avec ses parcs, ses lacs et ses montagnes, qui compliquerait grandement l’emploi de telles armes.
Par des messages sur son compte X, l’AFC-M23 réaffirme pour sa part son engagement à défendre une population qui, selon le mouvement, souffre depuis longtemps des choix barbares du président Félix TSHISEKEDI et de ses alliés.
Ce mouvement révolutionnaire affirme également rester attaché à un cessez-le-feu susceptible de rétablir la paix et la stabilité sur l’ensemble du territoire congolais.
La mort de l’humanitaire française Karine BUISSET rappelle, une nouvelle fois l’assassinat de Mr. Luca Attanasio l’ambassadeur italien en RDC le 22 février 2021 au Nord de la ville de Goma.
La communauté internationale est appelée à réagir pour protéger les populations et faire la lumière sur ces attaques.
Albert Maisha
