
Depuis sa récente sortie médiatique, Modeste Bahati Lukwebo, premier vice‑président du Sénat, se retrouve au centre d’une vive polémique. Lors d’une conférence de presse, il a dénoncé les blocages qui freinent l’avancement du pays et critiqué le projet de révision constitutionnelle soutenu par l’Union sacrée et Félix Tshisekedi. Cette prise de position lui a valu de vives attaques, certains allant jusqu’à le qualifier de « Rwandais » et de l’accuser de « collaborer avec l’AFC/M23 ».
Dans son intervention, Bahati Lukwebo a insisté sur un point essentiel : selon lui, la Constitution n’est pas le cœur du problème en RDC. Le véritable blocage réside plutôt dans le déficit de leadership et de volonté politique, qui empêche l’application des lois et des principes déjà en place. Il estime que la révision proposée ne résoudra pas les maux du pays et risque, au contraire, d’aggraver les tensions politiques.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Aujourd’hui il y a même une Motion de défiance contre lui. Au‑delà des critiques sur le fond de ses propos, certains acteurs politiques proches du régime l’accusent désormais de collusion avec l’AFC‑M23, tandis que d’autres cherchent à le délégitimer en le présentant comme un « agent » d’intérêts rwandais.
Dans l’espace politique congolais, la multiplication des accusations de « collaboration avec le Rwanda » tend à refermer le débat démocratique. Remettre en question une politique publique n’est pas, en soi, un acte de trahison. Pire encore, la stigmatisation, le discours de haine et les attaques identitaires contre des voix discordantes poussent certains acteurs modérés vers des positions extrêmes et affaiblissent les institutions.
Cette dynamique nourrit un climat de peur, de suspicion et de polarisation, au détriment de la recherche de solutions concrètes aux problèmes qui accablent la population.

De son côté, la révolution AFC‑M23 affirme vouloir un Congo sans discrimination sociale ni haine. Qu’il s’agisse de déclarations politiques ou de réalités sur le terrain, il appartient aux institutions et à la société civile de scruter ces discours, d’exiger transparence et responsabilité, et de veiller à ce que la narration publique ne soit pas confisquée par des invectives et des accusations non infondées.
Pour dépasser la crise actuelle, des mesures concrètes s’imposent : rouvrir un espace de dialogue réellement inclusif avec des préalables, diligenter des enquêtes indépendantes sur les accusations infondées, lutter contre la stigmatisation, et répondre par des réformes ciblées aux problèmes structurels qui rongent la nation : la corruption, le détournement, l’absence de l’État, insécurité, le tribalisme, le népotisme…
Dans ce contexte, l’AFC‑M23 se présente comme une force prête à apporter des réponses à ces défis persistants sur la scène publique congolaise. Contrôlant de larges parties des provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu, ce mouvement politico‑militaire se fixe pour objectif déclaré de « libérer » l’ensemble de la RDC de ce système de gouvernance dictatorial.
Tout Congolais aspire à voir son pays se relever et sortir durablement de la crise. Le peuple veut un Congo digne, stable et prospère, où la critique politique n’est plus assimilée à une trahison et où le débat contradictoire contribue réellement à la construction de la nation.
Albert Maisha
