Une mise au point limpide, inodore et massue vient de tomber. Elle émane du chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe visiblement vexé par l’avalanche de contre-vérités débitées par le gouvernement de Kinshasa. Kigali en a marre de se faire ‘’Négativer’’ par un régime qui ne sait pas ce qu’il veut réellement. Le régime de Paul Kagame a choisi de crever l’abcès en étalant sur la place publique les détails du processus de discussion autour de la révolution dirigée par Corneille Nangaa.
Il y a 72 heures, Corneille Nangaa imposait son veto sur le sommet avorté de Luanda entre les présidents Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo.
Dans son discours du premier anniversaire de création de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), Corneille Nangaaavait décrit un régime de Kinshasa bâti sur le mensonge d’état. C’est aussi le constat accablant du ministre des affaires étrangères du Rwanda, qui, dans une formule aisée polie, diplomatique, détaille date par date, hiérarchiquement, comment :
Depuis les 11 et 12 Aout 2024 la question du M23 avait été introduite dans le processus de Luanda. Une délégation de l’AFC/M23 fut invitée à Luanda du 31 Aout au 3 Septembre 2024 et le gouvernement congolais avait accepté de dialoguer directement avec ses compatriotes dans le cadre du processus de Nairobi. Jusqu’au revirement de Félix Tshisekedi le 14 décembre 2024, la veuille de sa rencontre ratée avec le président rwandais Paul Kagame, tout semblait convenu et bouclé.
Le ministre Rwandais des affaires étrangères, très précis dans les huit points de sa pointue mise au point, parle d’un mensonge éhonté de Kinshasa facilement vérifiable, avant de chuter par un questionnement qui met Knock-out Kinshasa : « Le mensonge étatique n’a-t-il donc plus de limites ? »
Voici des précisions sur la question du M23 dans le processus de Luanda qui resteront dans les annales de l’histoire actuelle et future de la RDC :
PRÉMIEREMENT, la question du M23 a été introduite dans le processus de Luanda, non pas par le Rwanda, mais par le facilitateur angolais qui avait préparé un « Projet d’accord-cadre » qu’il avait personnellement proposé aux Présidents rwandais et congolais les 11 et 12 août 2024 respectivement;
DEUXIÈMEMENT, la Facilitation angolaise a invité, du 31 août au 3 septembre 2024 à Luanda, une délégation du M23 conduite par son Secrétaire général, Benjamin Mbonimpa, qui lui a fait part des revendications politiques de son mouvement;
TROISIÈMEMENT, lors de la quatrième réunion ministérielle, tenue le 14 septembre 2024 à Luanda, « Le Rwanda a exprimé sa position sur le besoin d’un dialogue politique entre le gouvernement de la RDC et le M23 en vue de trouver une solution définitive à ce conflit ». Et cette position a été consignée dans le compte-rendu de cette réunion;
QUATRIÈMEMENT, lors de la réunion virtuelle du 26 novembre 2024, la question du dialogue avec le M23 a été discutée encore une fois par les trois Ministres des affaires étrangères. Concluant cette réunion, le Facilitateur angolais a même demandé à la délégation rwandaise de soumettre une proposition écrite sur la résolution de cette question;
CINQUIÈMEMENT, le Rwanda a envoyé, le 27 novembre 2024, une note verbale à la Facilitation angolaise, dans laquelle il propose, comme demandé, un texte devant figurer dans l’accord entre la RDC et le Rwanda.
Ce texte est le suivant: « Le Gouvernement de la RDC s’engage à un dialogue politique direct avec le M23 dans le but de trouver une solution définitive au conflit, en s’attaquant à ses causes profondes »;
SIXIÈMEMENT, dans une lettre datée du 28 novembre 2024, la Facilitation angolaise a informé les ministres congolais et rwandais que « Le Président João Manuel Gonçalves Lourenço a aussi souligné que le paragraphe ayant trait au M23 était la question de substance que restait à résoudre dans le projet d’Accord »;
SEPTIÈMEMENT, dans la réponse de notre gouvernement au Facilitateur, datée le 29 novembre 2024, on peut lire que « Le Rwanda réitère sa proposition que le paragraphe relatif au M23 dans le Projet d’Accord appelle à un dialogue direct entre le gouvernement de la RDC et le M23 dans un délai déterminé ».
Notre gouvernement ajoute même que « Sans un tel paragraphe, le Rwanda ne serait pas disposé à signer le Projet d’Accord en l’état ».
Et HUITIÈMEMENT, dans une lettre du 30 novembre 2024, soit quinze jours avant le sommet du 15 décembre 2024, le Facilitateur informe le Rwanda que « La Partie Congolaise RD a donné son accord sur le dialogue avec le M23 dans le cadre du Processus de Nairobi ».

De ce qui précède, comment la Présidence de la RDC peut-elle donc mentir au monde entier, affirmant que le Rwanda aurait introduit la question du dialogue avec le M23 comme « Condition de dernière minute » lors de la 7ème réunion ministérielle du 14 décembre 2024 ?
Le mensonge Étatique n’a-t-il donc plus de limites ?
Dossier à suivre…
Jean Léroux Ntinta
