Le pasteur Roland Dalo, figure incontournable du christianisme en République Démocratique du Congo, a récemment exprimé son mécontentement face à la corruption endémique qui gangrène le pays, qualifiant la RDC de “Pays des voleurs”.
Cependant, cette indignation soulève des interrogations sur son rôle en tant que leader spirituel, notamment concernant les fonds provenant de ceux qu’il qualifie de “Voleurs de la République”, qui, selon tes témoins de sa congrégation, financent de nombreuses paroisses à travers leurs dîmes, offrandes et actions de grâce.
Les récentes critiques de Dalo sur les surfacturations et les abus financiers, notamment sous la gestion de l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, semblent alimentées par des informations obtenues grâce à ses liens avec des membres influents du gouvernement et surtout, ses accointances avérées avec le président Félix Tshisekedi.
Le cas d’Anthony Nkinzo Kamole, membre de son église, occupant désormais une position stratégique en tant que directeur de cabinet du président Tshisekedi. Anthony Nkinzo Kamole est sérieusement critiqué dans ses premiers pas de gestion du cabinet présidentiel où sa touche est mal appréciée voir contestée.
Philadelphie, second temple politique de Tshisekedi

Une question éthique majeure se pose : accepter de l’argent et les présents de ceux qui détournent des fonds publics pour financer des projets religieux peut-il être attribué à des actes de corruption ? Les Écritures enseignent que les offrandes provenant d’intentions impures sont rejetées par Dieu (Proverbes 15:8).
En ce sens, les dîmes, offrandes et actions de grâce payées par ces “Voleurs de la République” pourraient, selon la perspective spirituelle, avoir des conséquences néfastes, même sur les églises qui les reçoivent. Les deux seuls lieux où les autorités temporelles sont évoquées dans la parole de Dieu demandent, selon la formule célèbre, de « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » et celles de Paul demandant de prier pour les responsables des cités.
Dans un cas comme dans l’autre, la légitimité des responsables temporels est reconnue, tout en en reconnaissant les limites lorsqu’intervient ce qui relève véritablement de Dieu. À Kinshasa, l’église Philadelphie est fréquentée par des leaders politiques de tous horizons. Avant les élections de 2018, Félix Tshisekedi concélébrait les cultes avec Martin Fayulu, Azarias Ruberwa, Corneille Nangaa et autres.
À cette époque, l’église n’était pas tintée de scandale politique ni d’aucune influence avérée sur la gouvernance de l’État. Seulement voilà, depuis l’entrée en fonction de Félix Tshisekedi à la présidence de la République, le pasteur Roland Dalo a pris une place prépondérante dans l’orientation spirituelle du président de la République. Félix Tshisekedi le dit, le manifeste et le confesse, Dalo est son “Père spirituel”.
Les dernières manœuvres de Tshisekedi pour le changement de la constitution suscité énormément de réactions en RDC. Martin Fayulu le qualifie de “Projet désastreux et inopportun”, demandant au pasteur Roland Dalo, père spirituel de Tshisekedi de rappeler au chef de l’État que l’orgueil et l’arrogance mènent inévitablement à la chute.
Roland Dalo rattrapé par ses propres propos
Les prises de position actuelles de Dalo contrastent avec son soutien passé au pouvoir de Félix Tshisekedi lors de la campagne présidentielle de 2023. Ses prophéties, annonçant la victoire de Tshilombo et critiquant d’autres candidats, l’avaient placées en faveur du pouvoir en place. Aujourd’hui, son silence face à des événements comme l’assassinat de Chérubin Okende ou les abus des services de renseignements soulève des doutes sur sa sincérité dans sa lutte pour la justice.
Dalo a exprimé son opposition à toute tentative de révision de la Constitution visant à permettre un troisième mandat présidentiel. Regardant Félix Tshisekedi en face, Dalo lui avait prophétisé : « Monsieur le président, un mandat, c’est bien, deux mandats ça suffit, trois mandats, non ! » Cette déclaration publique illustre sa volonté de s’opposer fermement à toute dérive autoritaire. Toutefois, pour que cette position ait du poids, Dalo doit désormais accompagner ses paroles d’actions concrètes qui montrent un véritable désaveu des pratiques politiques et économiques actuelles.
Les hommes de Dieu, y compris Roland Dalo, devraient se ranger fermement du côté de la justice, de la vérité et de la démocratie. Il est impératif que les pasteurs, tout en dénonçant les injustices, refusent l’argent sale et impur des “Voleurs de la République” et agissent avec transparence. Les églises ne doivent pas être des instruments pour blanchir l’argent mal acquis, mais des bastions de moralité et d’intégrité.
Dans une RDC aspirant à la paix et à la prospérité, il est essentiel que les leaders spirituels assument leur responsabilité en guidant leurs fidèles vers un avenir meilleur, fondé sur des principes de justice et d’éthique.
Dr Pitchou Zonga

La politique n’a pas de formule. Tous les coups sont permis pourvu qu’on atteigne l’objectif.
Le Pasteur RD est tombé trop bas. Tous nous connaissons qu’il est le père spirituel du Président.
1. A-t-il entamé des démarches de le conseiller en privé,
2. Si ‘est vrai que certains de ses membres sont dans le gouvernement Félix, la dîme qu’ils offrent ne lui suffit-elle pas ?
3. La présence du Président dans son Eglise après sa sortie médiatique, prouve à suffisance que le Président a de la maturité plus que son père spirituel RD.Et qu’il doit en tirer leçon.