La condamnation à la peine de mort, le jeudi 08 Aout 2024, de Corneille Nangaa et ses 25 camarades n’était qu’un moyen de dissuasion des congolais à ne pas adhérer à la rébellion. Trois mois après, le régime de Félix Tshisekedi bégaie sur le sujet. Tant face à l’opinion nationale que devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le constat est le même, l’abolition de la peine de mort demeure inappliquée en RDC. Une attitude qui énerve le monde entier.
Dans une nouvelle émission justificative, le lundi 11 Novembre 2024, avec ses habitués journalistes bénéficiaires de billets d’avion et totale prise en charge d’alimentation de la propagande politique, le porte-parole du gouvernement Congolais est revenu sur ses égarements de Genève du mardi 05 Novembre 2024, au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.
Ayant reçu les critiques des salons politiques du monde pour la condamnation à mort exécutée de manière immotivée contre le chef du mouvement Alliance Fleuve Congo (AFC) Corneille Nangaa et ses 25 camarades, à travers un procès précipitamment ouvert le 24 juillet, surmédiatisé, relayé à la télévision nationale et auquel assistait le ministre de la justice, le gouvernement congolais éprouve d’immenses difficultés à justifier son acte devant ses partenaires et les organisations internationales des droits humains.
Condamner Nangaa par désir d’horrifier et intimider ses fanatiques. Toutes les dernières analyses indiquent que, rien de sérieux n’est fait dans la gouvernance politique actuelle au sein du régime de Kinshasa.
Par une oppression dictatoriale, des méthodes d’un « Théâtre de chez nous », du faire peur (épouvantail), on mobilise toute la République contre « Ses adversaires politiques », sachant qu’il s’agit juste d’un moyen de dissuasion.
Une pression qui perd de sa valeur au fur et à mesure que les semaines passent, car au lieu d’étouffer une révolution, elle lui sert plutôt de béquille.
Une pure Intimidation, estime un expert de l’ONU car, ce chantage est parfois l’expression de déséquilibre du pouvoir. Dans le cas du procès de Corneille Nangaa et ses 25 camarades, les pressions politiques, militaires et financières n’ont pu rien y faire. A la crise de l’Est de la RDC, s’ajoutent des crises de gouvernance au pays.

Certains prévenus tels que Eric Nkuba et Nkangya Nyamacho Microbe, avaient démontré devant la cour militaire, un exceptionnel courage d’assurer leur appartenance au mouvement révolutionnaire, qui veut amener la bonne gouvernance, le fédéralisme budgétaire, les bonnes routes dans les quatre coins du pays, la nourriture, la dignité du congolais… et le vivre ensemble au Congo. Ils avaient affronté cette intimidation. Ils avaient vaincu cette dissuasion. Ils n’avaient pas eu peur de l’épouvantail.
Un procès qui s’est planté sans atteindre l’objectif
Le jour même de la condamnation de Corneille Nangaa, le ministre d’état de la justice avait dit à la presse après le procès : « Cette condamnation servira de leçon à quiconque s’amusera à trahir la nation ». Contant Mutamba avait même annoncé dans une émission : des mandats d’arrêts internationaux…
« Pour que tous les Etats du monde s’activent à capturer les condamnés au cas où ils circuleraient sur leurs territoires ».
A cette théâtralisation de la justice et la condamnation à la peine de mort en scarecrow, tous les Etats civilisés du monde ont alourdi des critiques contre le gouvernement de Félix Tshisekedi. Une imprudence de trop, celle de croire que l’on peut capturer et extrader un condamné à mort dans un pays qui va le tuer.
En plus, tous les condamnés à mort sont sur le sol Congolais, à Rutshuru, Kiwanja , Kanyabayonga, Kayna, Kirumba, Masisi et Bunagana. D’autres sont dans toutes les localités libérées par les forces militaires de l’AFC.
Pris dans son propre piège
Rentré de Genève, le pouvoir de Félix Tshisekedi veut se justifier à tout bout de champ afin d’avoir bonne presse dans l’opinion. A part son caractère de pleurnichard et grognon, ajouté à la stratégie du bouc émissaire, le reste ne tient plus en rapport avec ses dérives contre les droits de l’homme. La RDC n’a pas le souci de se faire mal coter dans la question du respect des droits humains.
Félix Tshisekedi avait déjà dit le dimanche 25 Juin 2023 dans son fief de Mbuji-Mayi : « Je m’attaquerai sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays. Peu importe ce qu’on en dira : violation des droits de l’homme, privation de liberté. Je n’en mordrai pas »
Le monde a découvert quel homme est réellement Félix Tshisekedi. Une année après ces propos, ils retentissent toujours dans les mémoires.
Le porte-parole du gouvernement a essayé de minimiser les réactions internationales à Genève mais, arrivé à Kinshasa, conscient de la dérive résumé dans les différentes condamnations à mort des militaires et des civils dans différents procès, il a osé encore en parler.
Plus de 130 condamnations à mort difficiles à nier
En illustration, 37 condamnés à mort du vendredi 13 septembre 2024, dans le procès aux nombreuses zones d’ombres, sur la tentative du coup d’état du 19 mai pèsent sur Kinshasa.
La RDC qui avait déjà aboli la peine de mort depuis plusieurs années est retombée dans un pouvoir absolu le 13 Mars 2024 avec la levée du moratoire sur la peine de mort, dit-on en vue de « Débarrasser l’armée Congolaise des traitres et diminuer le taux de criminalité urbaine ».
Depuis le mois de Juillet 2024 plus de 130 condamnations à mort ont été prononcées contre les soldats dans l’Est de la RDC pour trahison, fuite devant l’ennemi, violation des consignes, dissipation des munitions. « Le procès Corneille Nangaa et consorts était le summum du déraisonnement, explique un juriste de Kinshasa ».

Patrcik Muyaya, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, dans deux phrases diamétralement opposées et contradictoires lâche tout simplement, « Quant la situation principale qui justifie la levée de ce moratoire se termine, la peine de mort ne sera pas appliquée ».
Et face aux institutions internationales des droits de l’homme, il confirme : « Personne n’a encore été condamnée à mort dans le cadre, justement, de ce moratoire (SIC!) »
Jean Leroux NTITA
