Les apartés de Félix Tshisekedi avec Yoweri Kaguta Museveni viennent de dévoiler les véritables intentions de guerre du président congolais. Auprès de Museveni, Tshisekedi s’est voulu plus révérencieux, coopératif et prêt à céder à toutes les conditionnalités possibles. Tshisekedi a soumis quelques demandes à son Homologue Ougandais. Procéder à l’arrestation de tous les congolais vivant en Ouganda, stopper l’avancée de l’AFC/M23 et lancer les travaux de rénovation de la route transfrontalière avec les fonds d’indemnisation des victimes de la guerre de Kisangani.
Outre le pétrole du lac Albert, les mines du Kivu et de l’Ituri, le chef de l’état congolais a suggéré au président ougandais de puiser dans la dernière tranche des fonds d’indemnisation des victimes de la guerre de six jours à Kisangani pour honorer la contribution de 40 millions de dollars américains attendus du gouvernement congolais pour le démarrage des travaux de rénovation de la route Kasindi-Beni jusqu’à Butembo.
Le coût global des travaux dudit tronçon routier est évalué à 200 millions de dollars américains répartis entre l’Ouganda (20%), la RDC (20%) et l’entrepreneur (60%).
Les victimes de la guerre de Kisangani sacrifiées
Malgré une réserve de 195 millions de dollars versés par l’Ouganda, le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en République Démocratique du Congo (FRIVAO) se perd dans les évaluations pour identifier et indemniser les victimes d’une guerre menée il y a plus de 20 ans.

Le Fonds, soupçonné de détournements, a vu son comité directeur être renvoyé devant la justice et remplacé. En juin 2000, les armées ougandaise et rwandaise s’étaient affrontées à Kisangani, dans l’actuelle province de la Tshopo. Une guerre dite « Ses six jours » faisant plus de 1 000 morts et 3 000 blessés.
Le FRIVAO était censé être géré conformément à un arrêt de la Cour international de justice (CIJ) rendu en février 2022. Pour réparer les activités illicites menées entre 1998 et 2003 sur le territoire de son voisin, l’Ouganda fut condamné par la Cour.
Au-lieu de 6 milliards de dollars préalablement exigés, la CIJ, après tractations entre le régime de Tshisekedi et le gouvernement Ougandais, arrondît les discussions jusqu’à convenir d’un versement total de 325 millions de dollars :
225 millions de dollars pour les dommages causés aux personnes (Qui comprennent les pertes en vies humaines, les viols, le recrutements d’enfants soldats et les déplacements de civils), 40 millions de dollars pour les dommages causés aux biens et 60 millions de dollars pour les dommages touchant les ressources naturelles. Le tout devant être versé à la RDC en cinq versements annuels de 65 millions de dollars.
Le 1er septembre 2022, l’Ouganda a versé la première tranche. Le deuxième paiement est intervenu l’année suivante. Et le troisième a été payé cette année 2024. Concrètement, le compte du Frivao a donc été approvisionné de 195 millions de dollars sans vraiment justifier de la réelle prise en charge des victimes.
Un réseau du pouvoir pour dilapider les fonds d’indemnisation
Le 31 juillet dernier, Constant Mutamba, nouveau ministre de la Justice ordonne le gel de tout mouvement débiteur sur le compte du FRIVAO. Une décision motivée par des soupçons de détournements. En réalité, le jeune ministre soupçonnait son prédécesseur d’avoir fait main basse sur ces fonds.
Le président Félix Tshisekedi va constituer un réseau chargé de gérer les fonds versés par l’Ouganda, constitué essentiellement de ressortissants de l’espace Kasaï. Le ministre des finances Nicolas Kazadi, la gouverneure de la banque centrale Marie-France Malangu Kabedi Mbuyi, la Ministre de la justice Rose Mutombo Kiesse remplacée par un autre kasaien Constant Mutamba Tungunga et la gouverneure positionnée pour la cause dans la province de la Tshopo Madeleine Nikomba Sabangu.
L’arrêté portant suspension du comité dirigeant du FRIVAO est signé le 12 août. Dans ce document, le ministre nomme un comité provisoire dont la coordination est confiée à Chançard Bolukola, frère et secrétaire du cabinet du ministre.
Argent détourné et partagé
Avant la suspension de l’équipe dirigeante du FRIVAO, au total 14.000 victimes avaient été identifiées, selon des chiffres avancés par l’Ancien Coordonnateur Mwarabu. Sur ce nombre, 4.131 ont été déclarées éligibles sur la base des critères établis par la CIJ. Chiffres confirmés par Bolukola qui a parlé de 14.814 victimes identifiées et enregistrées. 3.163 (parmi les éligibles) ont fait l’objet de la certification.
Le nombre restant, soit plus de 10.000 personnes, a soit été jugé inéligible, soit est en cours de processus, dans l’attente de complément de documents, d’examens médicaux, de prise en charge et autres formalités. Après calculs, seuls 10 millions de dollars américains ont été dépensés à ce jour sur les 195 millions versés par l’Ouganda. Il s’avère que le réseau kasaien a réussi à dilapider plus de 90% des fonds d’indemnisation.
Lors de son dernier séjour à Kisangani, Félix Tshisekedi a initié quelques actions de surface dont l’inauguration des installations aéroportuaires de Bangboka, un début de bitumage de la route de l’aéroport et cette visite nocturne à la centrale de la Tshopo spécialement mise en service à l’aide d’un groupe électrogène.
Alors que Denise Nyakeru Tshisekedi, Première Dame, avait promis de financer la remise en service de la turbine, Félix Tshisekedi a instruit son ministre de la justice de financer la remise en service de la centrale avec les fonds FRIVAO. Constant Mutamba a promis de ponctionner 50 millions de dollars sur le compte pour endormir la population de Kisangani.
Les 130 millions restants définitivement cédés à l’Ouganda
Désormais la somme que touche chaque victime de la guerre de Kisangani est quasi multipliée par 10, passant de 250 à 2.500 dollars américains. Le montant retenu prend en compte les fonds disponibles et le nombre de victimes enregistrées, selon les différents statuts de victimes et ce qu’elles ont subi : pertes en vies humaines, blessures, viols et violences sexuelles, pertes de biens, etc.
Le FRIVAO prévoit des enquêtes sur les quatre provinces de l’ancienne Province Orientale au moment de la guerre. Il s’agit des provinces de Bas-Uele, Haut-Uele, Ituri et Tshopo qui s’étendent sur plus de 500.000 km2, soit un cinquième du territoire national.
Lors de son tête-à-tête avec le président Museveni à Entebbe, le chef de l’état congolais Félix Tshisekedi a permis à son homologue ougandais de puiser la contribution de la République Démocratique du Congo au projet de rénovation de la route Kasindi-Beni-Butembo, dans la dernière tranche des fonds d’indemnisation des victimes de Kisangani.
L’Équation AFC de Corneille Nangaa

Le président congolais s’est affiché en quémandeur de faveurs sécuritaires auprès de son homologue ougandais. Tshisekedi a demandé à Museveni de donner ordre à ses troupes se trouvant présentement en RDC de tout faire pour stopper toute avancée des forces rebelles dans le grand nord (Butembo et Beni) et dans l’Ituri.
Félix Tshisekedi qui verse régulièrement 12 millions de dollars américains chaque mois à l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, s’est dit disposé à réajuster cette enveloppe dans le sens d’un surplus budgétaire. En plus, Tshisekedi a demandé à l’Ouganda de procéder à l’arrestation de tous les congolais vivant en Ouganda puisque soupçonnés d’être de mèche avec l’AFC.
L’Ouganda compte à ce jours près de 200.000 réfugiés congolais recensés dans les camps et plus de 100.000 autres non identifiés. Plusieurs milliers d’autres évoluent depuis des années dans les affaires et familiarités avec des ougandais.
Le porte-parole de l’armée ougandaise, le général de brigade Félix Kulayigye a déclaré ce week-end que son armée ne combattra pas contre l’Alliance Fleuve Congo dont les actions ne menacent pas la sécurité et l’intégrité du territoire ougandais.
Brique Lutandilafio

Je suis émerveillé par la qualité de vos informations. De ce fait, j’aimerai être en tout temps informé de la situation qui se passe au monde, la RD Cong n’étant pas du reste.
Edmond MUHIMA BAHATI