La République Démocratique du Congo fait face à une escalade des tensions sociales, marquées par une vague de grèves dans plusieurs secteurs vitaux.
Après les enseignants et les médecins, c’est désormais le tour des infirmiers de se joindre au mouvement.
L’Intersyndicale des professionnels de la santé a annoncé l’entrée en vigueur de la grève suite à l’expiration de leur préavis annoncé le 04 Octobre, sans qu’aucune réponse satisfaisante n’ait été apportée par le gouvernement.
Dès ce mercredi 16 octobre 2024 , les hôpitaux du pays se retrouvent sans médecins, infirmiers, ni personnel administratif, plongeant le système de santé dans une crise sans précédent. Cette mobilisation des professionnels de la santé vient accentuer les difficultés déjà rencontrées par les patients dans un secteur public souvent critiqué pour son manque de moyens et de réformes.
Les revendications des infirmiers, au même titre que celles des médecins, portent principalement sur l’amélioration des conditions de travail, le paiement régulier des salaires, ainsi que la mise en œuvre des accords précédemment signés entre le gouvernement et les syndicats de la santé.
Selon les différentes informations recoupées et officielles, un infirmier toucherait un salaire de 500.000 FC soit 175 $ mais en province ce montant est minoré ou n’existe pas dans plusieurs zones de santé reculées. Lors du débat sur la reddition des comptes à l’Assemblée Nationale, le mercredi 16 Octobre, les députés ont révélé que les montants et chiffres du budget annoncés par le gouvernement n’arrivent pas en province, cas de la zone de santé de Karisimbi à Goma au Nord-Kivu. Depuis le lancement du programme ambitieux de la gratuité de la maternité, les infirmiers sont sollicités sans contre partie ni primes de risque.
Malgré l’alerte lancée à travers le préavis de grève, le silence du gouvernement a laissé place à l’aggravation de la situation. « Nous avons fait preuve de patience et de bonne foi, mais nos revendications restent ignorées », a déclaré Joseph Kibangula représentant de l’Intersyndicale.
Les professionnels réclament également une reconnaissance et une valorisation de leur métier, estimant que leur rôle crucial dans la société n’est pas suffisamment pris en compte.
Le gouvernement, déjà confronté à plusieurs soulèvement et grèves, notamment celui des enseignants, se trouve désormais dans l’obligation de gérer cette nouvelle crise dans le secteur de la santé. Une absence prolongée des soignants pourrait avoir des conséquences graves, notamment dans les centres hospitaliers des provinces où le personnel soignant constitue le premier et souvent le seul recours pour les malades.
