Une guerre médiatique fait rage entre certains députés nationaux élus de la province de l’Ituri et le gouverneur militaire de cette province, accusé par ces élus d’une gestion calamiteuse en cette période d’état de siège.
Cette guerre médiatique prend de nouvelles tournures.
Du haut du perchoir de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, alors président de la chambre basse du parlement congolais, s’est emparé de la question en accusant le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole du gouverneur militaire de l’Ituri, d’avoir proféré des insultes à l’encontre de certains députés nationaux.
Vital Kamerhe s’est exprimé devant ses collègues en ces termes :
« Au gouverneur militaire de l’Ituri, nous lui demandons de mettre fin à la Radio Télévision des Forces Armées de la République Démocratique du Congo en Ituri (RTFI), qui est une radio de propagande. Il est également prié de sanctionner le lieutenant, son porte-parole, pour ses propos injurieux envers les députés nationaux, car c’est un officier militaire sous ses ordres. Dans le cas contraire, l’auditorat militaire s’en chargera, ou même l’Assemblée nationale. »
Par ailleurs, la réponse du côté du lieutenant général Johnny Luboya N’Kashama, gouverneur militaire de l’Ituri, ne s’est pas fait attendre.
Le numéro 1 de l’administration militaire en Ituri a réagi aux propos du président de l’Assemblée nationale, estimant que celui-ci n’avait pas pris le temps d’évaluer correctement la situation.
« Il a parlé au Parlement, j’espère qu’il me donnera également l’occasion de m’expliquer devant cette institution. La Radio Télévision des Forces Armées de la République Démocratique du Congo en Ituri (RTFI) n’est pas un média de propagande, c’est une radio de l’armée congolaise. Et quelles sont les bavures commises par mon porte-parole Jules Ngongo pour que je le sanctionne ? », s’est interrogé le lieutenant général Johnny Luboya N’Kashama.
Un dossier qui ouvre la boîte de Pandore
Dans sa réponse, le lieutenant général Johnny Luboya N’Kashama a également évoqué la collaboration de certains députés nationaux avec des groupes rebelles en Ituri, notamment le groupe rebelle « Zaïre ».
« Je cite nommément les députés Moïse Byaruhanga, Gratien Iracan et Savo Mateso. Je m’assume en tant que gouverneur militaire et commandant des opérations militaires en Ituri, car j’en ai des preuves. Qu’on me donne l’occasion de m’exprimer au Parlement, et je développerai ce sujet. », a-t-il insisté en conclusion.
