En République démocratique du Congo, les masques sont finalement tombés. Si, jusqu’ici, les débats se déroulaient encore en coulisse, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a enfin décidé de sortir de l’ombre, en prenant officiellement position en faveur de la modification de la constitution congolaise. Certains parlent même de la réécriture de la constitution de 2006.
Alors que le pays a plusieurs urgences à régler : l’inflation, le retour de la paix dans l’Est, les grèves des enseignants sur toute l’étendue du territoire national, les naufrages, l’amélioration des conditions de vie des congolais, la crise politique interne… le régime de Kinshasa lui, veut réviser la constitution et accorder au président Félix Tshisekedi en fin mandat, un troisiéme du reste illégal.
Cette initiative est un risque des troubles pour le pays, comme en témoignent les dernières années de pouvoir de Joseph Kabila. On se souvient qu’entre 2015 et 2016, des manifestations sanglantes menées par la mème Udps avec l’eglise catholique sous le cardinal Laurent Monsengwo avec la sociéte civile et les mouvemenets citoyens, avaient causé des morts dans le pays pour contraindre l’ex-président à lâcher prise alors que ses partisans l’encourageaient à s’accrocher au pouvoir.
Au regard du contexte actuel, economique et socio-politique déjà tendu, on craint que la RDC ne replonge dans l’incertitude qui a marqué la fin du règne de Kabila avec son cycle des violences dont.les consequences sont restées indelébiles.
Risque d’embrasement
Modifier la constitution en ce moment crucial de la première année du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi, c’est oser surfer sur un terrain glissant des crimes et troubles. l’UDPS a décidé enfin de s’y engager allant jusques à qualifier l’opposition actuelle de timide et divisée. Depuis que les plaidoyers des juristes proches de l’UDPS avec la cohorte de ses intellectuels et politiciens s’activent pour la modification de la constitution, refont surface, les débats ,menaces, avertissements et veillées d’armes dans des officines politiques.
Des partis d’opposition et des organisations de la société civile se montrent intraitables et profèrent des menaces contre le régime. Les uns se rangent même derrière l’idée de rejoindre la lutte armée de Corneille Nangaa et son AFC. Dans une dernière sortie, les anti- révisions de la constitution avancent que si elle est révisée elle va laisser la voie libre à l’ancien président Joseph Kabila de postuler car on entrera dans la 4ème république. D’autres encore disent que ça sera une occasion en or pour Corneille Nangaa et son AFC d’investir les villes de l’Est du pays et y créer une autre administration sans l’etat de siège.
« Modifier la constitution dans ce contexte, c’est déclarer la guerre au peuple souverain. Félix Tshisekedi risque fort l’exil », soutient Prince Epenge, proche de l’opposant Martin Fayulu qui lui, reclame un dialogue entre les politiques Congolais. Et à Olivier Kamitatu, proche de Moïse Katumbi de marteler : « Ce n’est pas le moment de changer la constitution, mais de produire des résultats concrets en faveur de la population. Personne n’est dupe de la supercherie », a écrit le Katumbiste.
De nombreuses autres voix anti-modifications se lèvent dans le pays, présageant un risque d’embrasement au cas où l’UDPS s’obstinerait à mener sa démarche plus loin
Certains d’autres observateurs trouvent que le président Félix Tshisekedi peut aller jusqu’au bout car de la manière dont il a réussi le 23 Octobre 2020 à renverser le rapport de force politique au niveau du parlement en mettant fin à sa collaboration avec le Front Commun pour le Congo, il peut encore user des mèmes méthodes pour exiger un vote au parlement . L’inconnu reste la réaction combinée des géants comme Vital Kamerhe président de l’assemblée nationale ou Modeste Bahati Lukwebo vice-président du sénat pour peser contre ou pour. Quant à Jean-Pierre Bemba, son silence est aussi à craindre.
