Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a remis ce jeudi de remettre des motos aux fédérations urbaine et rurale de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à Kisangani, dans la province de la Tshopo, son fief politique. Cette action, bien que présentée comme un soutien logistique destiné à améliorer la mobilité des cadres du parti, soulève des questions quant à la priorité accordée à de telles initiatives dans un contexte des crises sociale et sécuritaire que traverse la République Démocratique du Congo.
Une dotation politique controversée dans un contexte de crise
Alors que le pays traverse une période de tensions croissantes, avec des mouvements de grève déclenchés par les enseignants, inspecteurs de l’EPST et autres fonctionnaires en raison de salaires impayés et de conditions de travail déplorables, sans parler des milliers de déplacés à l’Est qui sont abonnés et oubliés, vivant à des conditions inhumaines; ce geste de ministre des finances semble particulièrement malvenu. Il met en lumière une gestion des priorités pour le moins discutable de la part de l’argentier de la république. Plutôt que de se concentrer sur la résolution des problèmes cruciaux liés aux arriérés de salaires et à l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires ainsi qu’à d’autres urgences majeures qui rongent le pays, Doudou Fwanda lui, est dans les futilités, il privilégie une action à visée purement politique pour rendre compte à son chef hiérarchique.
Les attentes des fonctionnaires face à un gouvernement déconnecté
Les enseignants, en particulier, continuent de revendiquer un paiement régulier de leurs salaires et de meilleures conditions de travail, des demandes qui n’ont toujours pas trouvé de réponse adéquate. Dans ce climat, fournir des motos aux cadres d’un parti politique, même s’il est au pouvoir, paraît décalé et peu pertinent.
Cette dotation, perçue comme un luxe, contraste avec les attentes urgentes de milliers de fonctionnaires qui, eux, peinent à joindre les deux bouts de mois. En oubliant les priorités du pays pour financer des millions de $ aux actions destinées à renforcer la simple visibilité du parti présidentiel, le ministre des Finances envoie un signal troublant : celui d’une déconnexion face aux véritables priorités de la population. Dans un contexte où les crises sociale et sécuritaire prennent de l’ampleur, des initiatives telles que celle-ci risquent d’exacerber la frustration des citoyens, déjà affectés par l’absence de réponses concrètes à leurs préoccupations.
