L’histoire des constitutions à travers le monde ne montre nul endroit où la constitution bloque un Chef de l’état, ayant un programme précis de son gouvernement. Et pour les régimes présidentiels, et pour les régimes semi-présidentiels, même les parlementaires et autoritaires, la constitution a toujours joué son rôle de déterminer la forme de l’Etat, d’organiser les institutions et de définir les règles de production des normes. « La constitution est une identité et décide de l’ordre sociétal voulu. Sa révision ne doit pas être un prétexte dictatorial».
En RDC, parler de changement de constitution durant cette période du deuxième et dernier mandat de Félix Tshisekedi pose problème, énerve la même constitution et divise le pays au lieu de travailler pour sa cohésion.
Les mémoires sont encore fraîches pour oublier les drames qui ont accompagnés la difficile période entre 2016 et 2020 durant laquelle la RDC a vécu des moments des marches, bavures, injures, destructions… à cause de la simple idée de révision constitutionnelle. L’opposition de l’époque, aujourd’hui au pouvoir, l’UDPS en tète, avec l’église catholique et protestante suivies de la société civile ; cassaient tout sur son passage durant des marches contre le pouvoir Kabila. Les morts n’ont pas fini leurs décompositions et certains deuils n’ont jamais eu lieu. On a l’impression que l’Udps est nostalgique de ces périodes tumultueuses de ses provocations et désordres.
Sans formation requise et sans justifications politiques adéquates, voilà le président ad intérim du parti présidentiel revenir avec ses gaffes légendaires, justifier nonchalamment une révision constitutionnelle imagée, devant son public habituel des profanes et béotiens.
Petite histoire des constitutions

- La constitution Américaine a été écrite par 55 personnes à la convention de septembre 1787 mais les principaux auteurs sont 3 : James Madison, Alexander Hamilton et John Jay
- En 1791, la constitution Française a été créée par l’assemblée nationale
- En Belgique, le projet de la première constitution du 25 novembre 1830 dite Constitution du 07 Février 1831, était une compilation des constituions Française, Néerlandaise et Anglaise. La commission de rédaction avait été confiée à deux personnes, Jean-Baptiste Nothomb et Paul Devaux qui ont travaillé pendant cinq jours
- La 5eme Constitution de l’Afrique du Sud a été élaborée par le parlement élu en 1994
- En République Démocratique du Congo, la loi fondamentale de 1960 a été élaborée par le parlement belge. La constitution de Luluabourg du 1er Aout 1964 fut rédigée par une commission de jeunes universitairessous la présidence de Joseph Iléo. Dans la commission des jeunes de l’époque figurait Marcel Lihau et Etienne Tshisekedi, deux des 13 parlementaires qui fondèrent plus tard la « vraie UDPS » le 15 Février 1982. La constitution du 24 Juin 1967 de la IIème république fut élaborée par Marcel Lihau. L’acte constitutionnel de la transition d’Avril 1994 dit Constitution de Transition a été rédigé par la Conférence Nationale Souveraine (SNS) en Avril 1992
- La Constitution Congolaise actuelle du 18 Février 2006 a été défendue bec et ongles par l’UDPS, que le constitutionnaliste du parti, le professeur André Mbata la proclama le jeudi 18 février 2021 : « La Meilleure Constitution de l’histoire politique et constitutionnelle de la RDC, car c’est grâce a elle que la RDC est passée d’un régime dictatorial à celui d’aujourd’hui »
On peut alors se demander, depuis quand la meilleure constitution de l’histoire politique et constitutionnelle de la RDC bloque l’actuel chef de l’Etat après six ans de pouvoir. Pourquoi d’un coup l’UDPS devient l’ennemi numéro de la même constitution qu’elle a défendu contre le pouvoir de Joseph Kabila ?
Le pouvoir corrompt et rend ivre disent les Congolais depuis la conférence nationale Souveraine. Cette petite historique des constitutions est une leçon majeure. L’UDPS divise la RDC que de créer une cohésion nationale. Ni le nombre de ceux qui écrivent une constitution, ni les imperfections constitutionnelles, ni la nature humaine de sa rédaction, ni l’origine des spécialistes ne peuvent bloquer un Chef de l’Etat d’un pays, sans conflit entre institutions.
Jean-Leroux NTITA
